Lundi 16 avril 2007

non mais vraiment, excusez-moi, je ne veux pas déranger, mais messieurs les patrons, si ça ne vous dérange pas trop, vous pourriez distribuer un peu, juste un peu, hein, vos profits, s'il vous plait, pardon

Va accomplir ta mission
Dans l'infini des galaxies
Poursuis ta lutte infernale
Du bien contre le mal
Bernard Minet, Goldorak

Je suis mal dans ma peau j'ai envie de partir
Il y a toujours un slow pour me voler ton sourire
Et tu flirtes avec lui moi tout seul dans mon coin
Je n'sais plus qui je suis je ne me souviens plus de rien
C Jérôme, Et tu danses avec lui

Une par une, j'arracherai les pages
De l'ouvrage qui prédit mon naufrage
Je dois regarder le miroir
Pour voir mon image
Avant qu'il soit trop tard
Cachou, Le fruit défendu

Oooooh dis-lui que j'ai mal
Si mal depuis six ans
Claude François, Le téléphone pleure

On est là pour te pomper,
T'imposer sans répit et sans repos.
Pour te sucer ton flouze,
Ton oseille, ton pognon,
Ton pèze, ton fric,
Ton blé, tes économies, tes sous,
Ton salaire, tes bénéfs,
Tes bas de laine,
Tout ce qui traîne.
C'que tu as sué de ton front,
On te le sucera jusqu'au fond!
Les inconnus, Rap tout

C'est vrai, on ne peut pas changer le monde
Je sais, mais je veux y croire une seconde
François Valéry, Aimons nous vivants

Rêve éblouissant d'amoureux
Monde mercenaire et ambitieux
Tout se confond aveuglément
Dans la folie et dans le sang
Herbert Léonard, Puissance et gloire

Ils m'entraînent jusqu'à l'insomnie
Les fantômes de l'ennui
Images, Les démons de minuit

Comme un enfant fasciné
Par ses propres blessures,
Je ne veux pas oublier
La douleur de cette aventure.
J'ai questionné tout le monde
Autour de moi
Mais c'est la même réponse
À chaque fois.
Jean-Pierre Mader, Disparue

T'as le look coco
Coco t'as le look
Pas de doute coco
T'as le look qui te colle à la peau
Laroche-Valmont, T'as le look coco

Les amis qui s'en vont
Et les autres qui restent.
Se faire prendre pour un con
Par des gens qu'on déteste,
Les rendez-vous manqués
Et le temps qui se perd
Entre des jeunes usés
Et des vieux qui espèrent
Et ces flashes qui aveuglent,
À la télé chaque jour,
Et les salauds qui beuglent
La couleur de l'amour
Et les journaux qui traînent,
Comme je traîne mon ennui,
La peur qui est la mienne,
Quand je m'réveille la nuit
Patrick Bruel, Casser la voix

Y'avait à la mairie le jour de la kermesse
Une photo de Jean Jaures
Et chaque verre de vin était un diamant rose
Posé sur fond de silicose
Ils parlaient de 36 et des coups de grisou
Des accidents du fond du trou
Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
C'est avec eux que j'ai compris
Pierre Bachelet, Les corons

Insouciant dans sa limousine
Charles-Édouard, le fils du docteur,
Traverse la Z.U.P. chafouine
Où s'étiolent les travailleurs
Il écrase le chien de Georgette
Au coin de la rue des Communards
Et jetant vingt sacs à la fillette :
« T'as qu'à t'racheter un autre batard ! »
Pierre Desproges, Ça, ça fait mal à l'ouvrier

Je suis malade complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu'elle me laissait seul avec mon désespoir
Serge Lama, Je suis malade

Vision d'image
D'un voyage qui s'achève
Comme une nuit sans rêve,
Une bataille sans trêve
Stéphanie, Ouragan

Donne
Un sens à ta vie
Oublies tout ce qu'on t'as appris
2Be3, Donne

J'affirme que l'on m'a proposé beaucoup d'argent
Pour vendre mes chances
Dans le Tour de France
Le Tour est un spectacle et plaît à beaucoup de gens
Et dans le spectacle
Y a pas de miracle
Le coureur a dit la vérité
Il doit être exécuté.
Guy Béart, La vérité

Si je dois tomber de haut
Que ma chute soit lente
Je n'ai trouvé de repos
Que dans l'indifférence
Pourtant, je voudrais retrouver l'innoncence
Mais rien n'a de sens et rien ne va
Mylène Farmer, Désenchantée

Il faudra que tu apprennes
A perdre, à encaisser
Tout ce que le sort ne t'a pas donné
Tu le prendras toi-même
Oh, rien ne sera jamais facile
Il y aura des moments maudits
Oui, mais chaque victoire ne sera que la tienne
Et toi seule en sauras le prix
Jean-Jacques Goldmann, C'est ta chance

Allez, vous portez nos espoirs
Vos gravez nos histoires
Et dans coeurs
Vous serez toujours vainqueurs
Johnny Hallyday, Tous ensemble

Fallait-il continuer ce combat déjà perdu ?
Mais telle était la fierté de toute la tribu
Manau, La tribu de Dana

Devenir, comme seule raison de résister
Tenir, élever le ton pour exister
Ça se dit ça se chante facilement
Mais mon refrain aujourd'hui c'est
Il était temps qu'enfin le ciel se rappelle de moi
Il était temps enfin une trêve ma chance à moi
Virginie Pouchain, Il était temps

Vous qui passez sans me voir
Sans même me dire bonsoir
Donnez-moi un peu d'espoir ce soir
J'ai tant de peine
Vous, dont je guette un regard
Pour quelle raison ce soir
Passez-vous sans me voir ?
Jean Sablon, Vous qui passez sans me voir

Toi, Vladimir Ilitch, au soleil d'outre-tombe,
Combien d'années faut-il pour gagner quatre sous,
Quand on connaît le prix qu'on met dans une bombe ?
Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous.
Michel Sardou, Vladimir Ilitch

Quand ta vie se traîne
Quand t'as de la peine
Quand personne t'aime
Que t'as des problèmes
Quand la vie est dure
Plus d'une aventure
Rien que des blessures
Vilaine figure
Patrick Sébastien, Le petit bonhomme en mousse

S'il te plais réponds moi hey ho
Un geste suffira hey ho
Est-ce que tu m'aperçois hey ho
Ho ho ho ho ho ho
Ça fait longtemps qu'en bas de ta fenêtre
J'appelle vainement mais personne ne répond
Fais juste un signe pour montrer que t'es là
Tragédie, Hey ho

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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Lundi 16 avril 2007

100% à gauche à la vraie gauche de la gauche réellement à gauche de gauche

Comme toi je veux la justice, essaye de défendre mes droits
Partout où tu vois la foule, c'est qu'on parle de moi
Je descends des quartiers soit disant mal fréquentés
Où la P.J y passe les trois-quarts de la journée
Mais j'en ai marre de tout ça
J'en ai marre de cette vie là
Et pour sortir de cette impasse, je ferais n'importe quoi !
Benny B, Vous êtes fous

Faut pas exagérer
On n'est tout de même pas fait
Pour travailler comme des damnés
Bernard Minet, Le collège fou fou fou

Il a l'émotion de notre génération
Il a des chansons et le courage de Danton
Karen Chéryl, Les nouveaux romantiques

Les années ont passé cinq hivers, cinq étés
No news, c'était good news on nous avait dit
Il a fallut du temps, du courage et du temps
Pour arriver à continuer sans lui
Et malgré son absence la nuit dans le silence
En pliant nos costumes et nos instruments
On entendait venir comme une larme un soupir
Dalida, Gigi l'amoroso

On oublie, hier est loin
Si loin d'aujourd'hui
Mais il m'arrive souvent de rêver encore
A l'adolescent que je ne suis plus
On sourit, en revoyant sur les photos jaunies
L'air un peu trop sûr de soi,
Que l'on prend à 16 ans
Et que l'on fait de son mieux
Pour paraître plus vieux
Dave, Du côté de chez Swann

Je t'inventerai un domaine
Où l'amour sera roi
Je bosserai toute la semaine
Même le dimanche chez Ikéa
Je ferai de la variété
Pour passer chez Sabatier
Et que même s'il le faut
J'irai chanter chez Foucault
J'suis capable pour faire du fric
D'être caissier à Prisunic
Et d'passer tout l'été
A m'faire chier aux PTT
Negrabouch'beat & Mano Verda, C'est toi que je t'aime

Il met de la magie, mine de rien, dans tout ce qu'il fait
Il a le sourire facile, même pour les imbéciles
Il s'amuse bien, il n'tombe jamais dans les pièges
Il n'se laisse pas étourdir par les néons des manèges
Il vit sa vie sans s'occuper des grimaces
Que font autour de lui les poissons dans la nasse
Hervé Cristiani, Il est libre Max

Un pour tous et tous pour un
On est comme des frères
Un pour tous et tous pour un
Il faudra s'y faire
Les autres ne sont pas loin
Quand on en voit un
Jean-Jacques Debout, Les trois mousquetaires

Il est super branché
Pour lui rien d'impossible
C'est un vrai passionné
Qui veut l'inaccessible
Marie Dauphin, Bibifoc

Moi qui brûlais ma vie
Aux quatre coins des nuits
Qui marchais sans but
Au long de l'ennui
Moi qui ne croyais rien
Qu'à ces petits matins
À l'aube on peut croire
Aux rêves de gloire
Vous qui ne croyez rien
Aujourd'hui prend ton destin
Nicoletta, La musique

Fleurs de tags sur béton pour décor chimérique
L'horizon grafitti a cassé tes musiques
Y'a une bille de flipper qui cogne dans ta tête
Tu sais plus où aller, t'es mal dans tes baskets
Moi je suis passé par là
Envie de tout casser, quelquefois
Et me frapper la tête contre les murs
Comme toi j'étais en mal d'aventures
Mais j'ai trouvé, ma vérité
Fais comme moi, et tout changera
Pascal Olmeta, Tape dans un ballon

J'ai senti une odeur
J'ai dû rêver d'roquefort
J'ai pas clapé d'puis des heures
J'ai l'estomac qui s'tord
J'aperçois un corbac
Un camembert dans l'bec
Son coulant, faut que j'lui taxe
Sous n'importe quel prétexte
Pit et Rik, Le crotte-cra et le crotte-fort

Un SS 20 ou 20 SS, à chacun ses héros !
Varsovie ou Soweto, à chacun ses ghettos !
Jetés gitans, humiliés homos, pour un bon Aryen ;
Mille indiens décimés pour un fier Américain !
Raft, Yaka dansé

Chacun, dans son coin d'horizon, ne défend que ses ambitions
Ses ambitions
Mais si nous ne partageons rien, que nous reste-t-il en commun?
En commun
Séverine, Un banc, un arbre, une rue

Roger travaille dans une usine qui sent bon l'oxyde de carbone
Tous les midis à la cantine, il mange du poulet aux hormones
Roger admire beaucoup Lenine, Roger admire beaucoup Lennon
Et dans la fanfare de l'usine, tous les dimanches, il joue du trombone
Thierry Hazard, Le jerk

On s'est juré
De toujours tout partager
2Be3, 2Be3

J'aime pas l'habitude !
J'aime pas quand ça dure !
J'ai pas vingt ans ...
J'ai pas d'attitude ...
Même si j'ai l'allure !
J'ai pas vingt ans ...
Alizée, J'ai pas vingt ans

Dans chaque village, on connaît l'facteur
C'est un personnage qu'on porte dans son cœur
Recevoir une lettre, vous met en émoi
Chacun s'dit, peut-être y en a une pour moi
Bourvil, Tiens voilà l'facteur

Résiste
Prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout, va
Refuse ce monde égoïste
France Gall, Résiste

Je suis né dans la ville
Où les murs sont toujours gris
Derrière un terrain vague
Où se trouvent les taudis
Dans un berceau de fer
Je devais grandir
Ne vous étonnez pas
Si je ne sais pas sourire
Johnny Hallyday, Né dans la rue

Tu dis que le succès
Peut me faire perdre pied
Changer et dérailler
Mais regarde moi
Sans me juger
Suis-moi tu verras
Je ne suis pas une diva
Les gens n'ont qu'à parler
J'me laisserai pas piéger
Jamais manipuler
Tu peux toujours essayer
Sans vouloir t'effacer
Je n'ai jamais triché
J'avance sans piétiner
J'ai encore des choses à prouver
Lorie, Rester la même

Entre gris et gaffitis
Où s'enferme le quotidien
Et des murs tellement petits
Qu'on entend tout des voisins
Avec pour seul vis-à-vis
Des montagnes de parpaings
Où déambule l'ennui
Et se traînent des destins
Le samedi après-midi
Prendre des souterrains
Aller voir où ça vit
De l'autre côté
Florent Pagny, Châtelet les Halles

Puisqu'on est jeune et con
Puisqu'ils sont vieux et fous
Puisque des homems crèvent sous les ponts
Mais ce monde s'en fout
Puisqu'on est que des pions
Content d'être à genoux
Puisque je sais qu'un jour nous gagnerons à devenir fous
Damien Saez, Jeune et con

Elle avait de bonnes intentions,
La Révolution.
Elle avait de bonnes intentions,
La Révolution,
La Révolution.
Un jour, la liberté,
Cette fille au bras levé,
Belle comm'un ciel d'été,
Nous fera renaître.
Un jour l'humanité,
D'un mot fraternité,
D'un long rêve éveillé,
Elle nous fera renaître
Michel Sardou, La révolution

Ah, ma belle, j'ai bossé toute la semaine comme un taulard
Alors fini l'usine, fini la trime
Patrick Sébastien, La fiesta

Être sage, je n'ai pas envie
A mon âge, j'ai toute la vie
Tout est question de paix intérieure
Ophélie Winter, Je marche à l'envers

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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Vendredi 13 avril 2007

toujours à la pointe de l'enquête

En ces temps où l'actualité trépide, la première chaîne française est évidemment soumise à une forte activité, pensez donc ! Entre les attentats en Irak, ceux en Algérie, la présidentielle française, Frédéric Déhu, les remous d'EADS, le record du TGV et moult autres évènements marquants, il y a de quoi faire. Et rien qu'avec la présidentielle, pardon, mais ce ne sont pas les sujets qui manquent, quitte à n'en considérer qu'un seul comme en 2002. A la rigueur, on peut même fouiller les poubelles en enquêtant sur la rumeur qui court sur Internet au sujet de Nicolas Sarkozy, qui engrosserait des clandestines maliennes afin de manger les foetus en soupe ou en les congelant pour cogner sa femme avec, tout rendu possible avec l'aide des RG et de la Scientologie. Oui, en fait, je n'en sais rien, mais une rumeur, c'est comme ça qu'on y joue, on reçoit, on déforme, on ajoute et on transmet et quand ça vous revient, on ne signale pas qu'on était au courant, mais on poursuit la chaîne. Bon, eh bien là, au Droit de savoir, on n'enquêtera pas là-dessus, ni sur l'insécurité, ni sur les vrais chiffres du chômage, ni sur l'écologie, ni sur l'impact réel de l'immigration, ni sur l'éducation, ni sur la justice, ni sur l'exclusion, non, il y a un sujet plus important encore pour qu'il soit traité dans une telle période : l'infidélité.

Pour commencer ce reportage trépidant, on rencontre Boniface Alfonsi, détective privé (comme Jack Palmer, pareil), qui traque là un mari volage à Marseille, les adultères représentant la moitié de ses activités. Ce personnage n'a pas seulement un nom de gangster, il en a aussi la voix, le visage et le comportement. Il a la tête de Galliani, le bras droit de Berlusconi au Milan AC, avec la voix de Charles Pasqua, bref, une belle caricature de marseillais véreux (ce qui n'est pas un pléonasme). Petite touche personnelle, il a en permanence un bidule luminescent rectangle à l'oreille, a priori, c'est un blue tooth mais ça ressemble quand même furieusement à une clé USB. En tout cas, ça fait très à la pointe de la technologie et qui veut que ça se voie. Sa cliente, c'est Colette, elle vient le voir car son mari sort souvent le soir avec "les copains". Mais on n'y croit pas, car il reçoit aussi des textos plutôt équivoques sur son portable, ou alors, il pratique intimement le rugby, mais à Marseille, c'est plutôt rare. Par pure bonté de coeur, Boniface Alfonsi va aider Colette : "la vérité, ça fait mal, on se prend une bonne gifle et ça fait mal, eh bien, le doute, c'est pire". C'est généreux, mais c'est 900€ la mission, quand même.

Mais il n'y pas que ce suivi voyeur dans cette émission, aussi toute une dimension de réflexion sociologique et même philosophique. Qu'on se le dise, sur TF1, on sait élever le débat ! Ainsi, on nous montre des images de pièces de boulevard (quand l'huissier est confondu avec l'amant par la bonne qui le cache dans le placard où se trouvait déjà la secrétaire qui se fait passer pour la maîtresse sur ordre du mari qui ne veut pas qu'on sache qu'il se tape la cuisinière qui lui préfère secrètement le chien mais n'a osé le dire qu'à la femme), on a aussi des "spécialistes" qui témoignent. Par exemple, on a un pédopsychiatre, parmi eux. En quoi un pédopsychiatre est-il qualifié pour parler d'infidélité ? Ben, c'est Charles Villeneuve qui l'a sélectionné, donc il s'y connaît, forcément. Donc, on nous que de nos jours, ma bonne dame, les acteurs pornos sont des stars, que la sexualité est débridée, que les vedettes sont volages et qu'on le sait tous grâce à la presse people. Illustration culturelle : le clip de Diam's et Vitaa, comme quoi, TF1 a les mêmes références lettrées que Ségolène Royal (et on fait un procès en droitisme à la chaîne, après ça ...).

Le mieux, dans ces explications pseudo-philosophiques, ce sont les bruitages de fond et les plans de coupe : des gémissements de femme et des images d'étreintes peu habillées, mais floues. Un peu comme si Fred Godard réalisait un film érotique pour M6. On a aussi droit à une comparaison très classe entre le mariage et un investissement immobilier, dans le sens où ce sont des engagements à long terme (en revanche, l'hypothèque sur sa femme, ça ne marche pas, même si Jean-Michel Aulas compte essayer pour recruter Samir Nasri). Tant qu'on y est, une statistique (mais si ça se trouve, elle est de Roland Cayrol, donc aussi crédible que Philippe Douste-Blazy en Ministre des Affaires Etrangères) : un homme a en moyenne dans sa vie 11 partenaires sexuels contre 4 pour les femmes. D'une, ça n'est pas juste du point de vue de la parité, de deux, il y en a qui en ont plus et qui prennent sur la part des autres et de trois, avec grosso modo autant de femmes que d'hommes, il n'y aurait pas là comme un déséquilibre curieux ?

Puis, on voit des images de mariage, deux mariés, Dragan et Carole, qui ont déjà deux enfants, se jurent fidélité à tout jamais. Leur mariage est typique, car 40% des mariages légitiment un enfant du couple ou un autre, mais rappelez vous le thème de l'émission, on se doute que ça ne va pas durer. Ainsi, Aldo Naouri, expert en infidélité, fait le chat noir : "on ne pense mariage que sous l'angle du divorce". Et Charles Villeneuve de surenchérir : "les tentations mettent les sens à rude épreuve", comme si on était dans l'île du même nom. On recueille les témoignages de Dragan, de Carole, des amis, tous faux-culs au possible, mais oui, bien sûr, je suis fidèle et je le serai toujours mais les plans de coupe sur des seins qui remuent nous laissent penser qu'il n'en est rien. D'ailleurs, je me demande comment TF1 a pu convaincre ce couple de participer à l'émission, car la proposition "bonjour, on fait un reportage sur l'infidélité, est-ce qu'on peut filmer votre mariage ?" me semble difficile à approuver. Un avocat spécialiste en divorce apporte cet éclairage : "la femme qui trompe son mari, elle ne le dit pas".

Témoignage d'importance encore, celui d'Elodie Gossuin, dont on voit le mariage avec le mannequin Bertrand Lacherie. Quel rapport entre elle et l'infidélité ? Aucune idée, mais elle est là. Et elle, elle a confiance en son amour avec son kikoo, ce qui n'empêche pas de nombreux témoignages de spécialistes pour dire que ça ne durera pas. Explication plus en détail : "au bout de 6 mois, on a épuisé l'autre sexuellement", alors, on fantasme sur soi avec sa compagne (ou son compagnon) et quelqu'un d'autre, puis sur soi avec quelqu'un d'autre directement. Dans la foulée, on nous passe un extrait des Grosses Têtes où ça parle d'infidélité (il faut dire que c'est assez décousu, comme reportage, on ne cesse de passer d'Yves Lecoq à Francis Lalanne).

Et tout ça, c'est rien que de la faute à Internet, ces nouvelles technologiques qu'on ne voit plus sur les camions des routes des forêts. Loren, 42 ans, divorcée, confirme, elle voit, via des sites de rencontre, beaucoup d'hommes qui demandent des histoires de cul alors qu'ils sont mariés. Attention, gros jeu de mot de Charles Villeneuve : "les hommes mariés peuvent jouer au chat avec la souris". Oui, c'est énorme. Figurez vous qu'un internaute sur cinq inscrit en site de rencontre est marié, même sur les amis du Club Mickey (mais là, le sujet n'est pas la pédophilie). C'est là que TF1 mène l'enquête : des journalistes s'inscrivent pour se faire passer pour de simples quidams et obtenir des interviews d'infidèles (visages floutés et voix trafiquées, on ne balance pas, pas le genre de la maison). Témoignages sans intérêt, ou plutôt moins intéressant que ceux des experts en comportement adultère (comme disait Jacques Martin, "il n'y a pas de sous-métier"). Ainsi, on découvre que l'adultère avec une femme mariée est le plus pratique, car il permet de se préserver de tout envahissement dans la vie conjugale et en plus, ça évite de sortir avec une mineure sans faire gaffe et se retrouver à chanter pour éviter un détournement de mineur devant la Justice. Autre avantage de l'adultère, ça permet d'obtenir des fellations, merci TF1 pour cette information déterminante. Généralement, on tolère l'adultère pour soi, mais pas chez les autres, toutefois, ça a du bon : "l'adultère peut sauver le couple et donner une nouvelle base de départ". Maris volages, vous savez quelle explication apporter : "c'est pour sauver notre couple, c'est Le droit de savoir qui l'a dit".

On retrouve Boniface Alfonsi, en pleine traque avec son fils, lui en voiture et le fiston à moto, mais toujours avec le Blue Tooth géant et fluo. Ils suivent le mari, le perdent, gros suspense, musique qui fait peur, Boniface grille clope sur clope de nervosité. Heureusement, ça se finit bien, ils le retrouvent devant un restaurant, avec une autre femme, ils s'enlacent et le détective filme de loin, tout en disant "oh putaing" à chaque phrase. L'homme et la maîtresse s'en vont à l'hôtel, alors Boniface appelle la femme trompée : "oui, bonsoir madame, ben c'est officiel, vous êtes cocue ... non, en plus, elle n'est même pas jeune, 35-40 ans". Le lendemain, c'est le tirage des photos, on sélectionne les meilleures pour la cliente. D'ailleurs, sachez le, l'adultère est encore considéré dans les divorces pour faute.

Enquête toujours, avec cette fois les annonces dans Metro. Le journaliste téléphone, obtient un rendez-vous dans une entreprise spécialisée et s'y rend en caméra cachée au péril de sa vie, comme Florence Aubenas, Georges Chesnot, Christian Malbrunot ou Pascal Praud. Pour avoir une première sélection de femmes qui correspondent à ses choix, il faut claquer 300€. Après, on a montré les images à la DGCCRF (ils aiment bien TF1, entre Julien Courbet et Charles Villeneuve, ça leur fait un paquet d'affaires qui tombent tout cuit) qui proteste : d'après l'annonce, on n'a pas à payer. En plus, les femmes en magasin ont toutes des prénoms affriolants, des métiers fantasmatiques, et sont jolies sur les photos. En vrai, elles ont des prénoms communs, des métiers à la con et ce sont des boudins, ce qui est manifestement un cas de publicité mensongère. D'ailleurs, le journaliste n'a obtenu qu'un seul rendez-vous, avec une femme "bien loin des photos alléchantes" et en plus, "elle ne montre aucun désir de séduire". Un boudin acariâtre, en somme.

Encore un autre cas, Fabienne, 50 ans, 25 ans de mariage, trompée depuis des années, alors elle s'y met aussi. On apprend aussi que des sites Internet proposent des alibis sur mesure (heures sups imprévues, séminaire, contracture, rendez-vous avec des employeurs, cours du soir ...), avec des papiers à en-tête et tout et tout. Attention, interdiction d'utiliser des noms réels, ce serait de l'usurpation d'identité, mais sinon, on peut, genre appeler l'organisateur du séminaire "Jean Culais", pour faire un petit clin d'oeil. Mais en face, la résistance s'organise, on peut aussi acheter plein de gadgets pour jaloux : un appareil photo camouflé en réveil-matin, un GPS espion, un logiciel mouchard de sites de rencontre ... et le fin du fin : un détecteur de liquide séminal (au Schmilblick, il fait un malheur, celui-là).

Juste avant la pub, on nous avait promis la réaction de Colette devant les preuves de l'adultère, alors on l'a bien eue. Boniface Alphonsi présente les photos de la maîtresse à la cornarde dont la réaction est finalement la suivante : "je croyais qu'il n'aimait pas les brunes !" Une chercheuse du CNRS (oui, voilà où vont les subventions) précise que trompée, la femme est atteinte dans son coeur alors que l'homme l'est dans sa virilité, il se demande si l'amant a une plus grosse teub que la sienne. Colette ne connaît pas cette maîtresse, elle demandera au mari de choisir quelle femme il garde et, officiellement, il garde Colette et rompt avec l'autre (mais en vrai, allez savoir).

Arrive alors Catherine Laborde, on a les Schopenauer qu'on peut. Elle n'a connu que des hommes infidèles mais ne s'en plaint pas : "quand un homme avoue, il est beau". Et un spécialiste va plus loin : "la monogamie n'est pas naturelle", c'est une avancée de civilisation. On se dirige ensuite vers Rémi, homme qui a connu le coup de foudre à 42 ans, alors qu'il était marié. Mais pour lui, ça s'est mal passé, sa femme lui a promit que s'il la quittait, il le paierait très cher et elle a tenu parole. Il s'est pris un constat d'huissier pour vérifier que le lit est chaud, son fils lui a envoyé une lettre d'insulte, ses enfants ne veulent plus le voir. Enfin, une note positive, avec Béatrice qui fête son divorce, parce qu'il n'y a pas de raison à ce qu'on ne fête que le mariage. Conclusion de ce reportage : ben, fouyaya !

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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Lundi 9 avril 2007

en direct depuis ma boule de cristal

Oui, lors de ce week-end (jean-)pascal, j'ai eu une révélation. Par une mystérieuse faille dans le continuum espace-temps (c'est ça que de jouer avec la prise et de se prendre 2.3 gigawatts), je me suis retrouvé transporté à la date du 22 avril 2007, sur les coups de 19H30. Forcément, j'en ai profité pour allumer ma télévision sur France 2, afin de savoir avant tout le monde ce qu'il va se passer. Eh bien, figurez vous que pour traiter ce moment d'histoire en direct, ils nous ont réservé leur fine équipe, ceux qui justifient à eux seuls la redevance, ceux qui transforment les six petits derniers kilomètres du Tour des Flandres généreusement offerts en grand moment de félicité : le service des sports. D'un autre côté, entre ceux qui couchent avec des ministres et ceux qui ont fait leur coming out de bayrouistes, il ne restait plus grand monde au service politique. Et quitte à mettre des incompétents, autant reprendre ceux qui ont fait leur preuve dans la plus grande compétition du monde selon Frédéric Thiriez : la Coupe de la Ligue.

Dès la prise d'antenne, on sent qu'on va passer une bonne soirée. Anéfé, c'est Thierry Adam qui officie et qui ne survend pas du tout le produit : "bienvenue pour cette soirée exceptionnelle, le suspense est terrible, on va vivre un grand moment de politique, tous ensemble, ça va être un spectacle inoubliable dans une ambiance dithyrambique, c'est du haut niveau, ce soir, n'est-ce pas Xavier ?" Et Xavier Gravelaine, présent ici pour apporter son expertise technique aux différents évènements, d'enchaîner : "ben ouais, ça va être grand ce soir, mais qu'est-ce que ça va être dans quinze jours, avec ce second tour entre Sarkozy et Royal ?" Là, il y a eu un grand blanc sur le plateau, vu qu'il n'était que 19H35 et donc, qu'il n'était pas l'heure du tout du tout de dire lesquels étaient qualifiés. Hervé Morin avait même les yeux qui sortaient des orbites, tout en serrant très fort les mâchoires car, bien sûr, il avait lui aussi le résultat, mais ça n'était pas une raison pour le lâcher ainsi. Rachida Dati gloussait, jusqu'à ce qu'Arnaud Montebourg, d'un ton badin, se fende d'un "vous savez que vous pouvez faire annuler le résultat, là, à révéler que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont les deux premiers ?" Là, Gravelaine répond "eh, toi même, là, du coup" ce qui a tout crispé le Bressan, dans les yeux duquel on pouvait lire "oh non, merde, pas encore un mois de suspension".

Ça partait très fort, mais heureusement, Fred Godard à la réalisation savait faire diversion en offrant alors un magnifique plan de coupe sur un arbre dans lequel un écureuil se léchait les roubignolles, tout en incrustant l'image du Palais du Luxembourg derrière. En attendant les résultats, on fait le tour des différents QG, avec cette particularité qui est de ne pas donner le moindre indice sur les résultats alors que tout, dans le décor, l'indique. Par exemple, Marie-Christelle Mori était bien en peine de nous cacher que Dominique Voynet faisait moins de 1% alors que la salle principale était vide et qu'on entendait une voix lointaine hurler : "socialistes, traîtres, on vous encule tous !" Dans le même temps, au QG de Royal, on fait la chenille et à celui de Sarkozy, on fait un pogo (mais un pogo de bonne famille, on se décoiffe la mèche, quoi). Bref, on ronronne en entendant 20H et, de temps en temps, Fred Godard s'amuse à mettre à l'antenne un visage de candidat en rajoutant des battements de coeur. Pour patienter, on a aussi Daniel Lauclair, en direct du Ministère de l'Intérieur, qui félicite François Baroin de la qualité de l'organisation, pour cette plus grande compétition politique du monde, cette passion présente partout, bref, une interview pas du tout cire-pompes. Et, réflexe professionnel, il conclut en l'appelant "président" (bon, d'accord, il est président du fan club parlementaire de Quick et Flupke mais quand même, c'est un peu exagéré de lui donner ce titre en une telle occasion).

Arrive enfin le moment fatidique de 20H et là, Fred Godard lâche tout ce qu'il n'avait pas osé dans le cadre étriqué de la Coupe de la Ligue. Il commence avec une mosaïque des 12 visages des candidats et derrière, un grand compteur à la Matrix. Puis, le compteur s'emballe, les visages éclatent et se reforment en Elysée, avec la Tour Eiffel qui scintille derrière et un envol de colombes. Puis, ça bouge comme dans un taquin, avec deux cases qui disparaissent façon store et s'arrêtent sur deux paires de mains. Là, ça s'arrête puis ça clignote dans plein de couleurs différentes, avec des ombres chinoises mimant les fables de La Fontaine, il est déjà 20H05 et tout le monde ayant zappé sur TF1, on envoie enfin les résultats : Sarkozy 25 %, Royal 21 %, Bayrou 19 %, Le Pen 18 %, Besancenot 4 %, Bové et Laguiller 3 %, Buffet et de Villiers 2 %, Voynet, Nihous et Schivardi 1 %. Sur ce, les cotillons sont largués sur le plateau tandis que le réalisateur, en pleine extase devant son travail personnel, balance Sing hallelujah de Doctor Alban. Evidemment, le sympathique Carl Lang, le jovial Patrick Braouezec et le sémillant Guillaume Peltier tranchent un peu dans l'ensemble, censé être festif.

C'est alors les trois heures de réactions, comme une admirable ode à Jacques Martin, tout le monde a gagné, du moins, chacun trouve des raisons de se réjouir (sauf des fois où ça n'est vraiment pas crédible, mais là, beaucoup peuvent y trouver leur compte). C'est aussi le tour des candidats, avec l'ovation par son public, l'appel à ne pas siffler ses concurrents, la défaite sport des perdants qui annoncent leurs intentions futures, la joie modeste des gagnants qui veulent rassembler pour les deux semaines à venir et, parfois, on essaye de mettre une dimension dramatique au bouzin. Là, c'était avec Nelson Montfort, depuis le 10 Downing Street où il est allé tambouriner à la porte de Tony Blair en exigeant gentiment une réaction. Si Michael Johnson s'était contenter de partir sans un mot, lui, il a carrément envoyé les flics pour le tabasser et l'étouffer dans la sauce à la menthe. Heureusement, on n'en a rien vu, car il y avait à ce moment un ralenti de la réaction de Marie-George Buffet avec des cris de goéland en doublage sonore.

Ce tour des QG, c'est aussi l'occasion pour les envoyés spéciaux de briller alors certains en profitent pour tirer la couverture à eux. Ainsi, Gérard Holtz, depuis la rue d'Enghien (Sarkozy a exigé que les journalistes présents ne le dépassent pas en taille), se fend d'une description de folie de l'ambiance : "ici, c'est la grande joie, la beauté de la politique, les enfants sont heureux et jouent à la marelle, les femmes pleurent de plaisir, c'est de la bonne humeur à tous les étages, vive la politique !" En revanche, au 2.8.2., Patrick Montel était bien moins serein, mais tout aussi enthousiaste : "c'est extraordinaire, ce qui se passe ici, c'est incroyable, c'est formidable, c'est magnifique ! La ravissante Ségolène les a tous écrabouillés, les dopés tricheurs de l'étranger, ha, ha, ils l'ont bien profonds, les salauds, c'est génial, c'est super !" Le tout avec la réalisation de Fred Godard, évidemment, donc des gros plans incongrus, des bruitages sonores baroques, des travellings qui font vomir et encore plein d'autres merveilles qui donnent tout le sel à un évènement anodin.

A un moment, j'avoue, j'ai craqué. Forcément, c'était quand l'autre ignoble Godard (mais non, pas le docteur, et Jean-Luc non plus) sévissait, Jean-René. Depuis le QG de Bayrou, alors qu'il devait juste annoncer que le candidat allait se prononcer sur son analyse des résultats, il en a fait des tonnes, dans sa logorrhée délirante, inarrêtable, on sentait qu'il allait couvrir de toute son gargouillis de voix, semblable à un vomissement de chameau, la déclaration du simplet, alors, forcément, je suis allé sur une autre chaîne. Et là, oh stupeur, TF1 aussi envoyait son service des sports. Ainsi, au moment où Bayrou décrivait le second tour et les possibilités qui lui était offerte, j'ai entendu Jean-Michel Larqué s'exciter : "à gauche ! A gauche ! A gauche !" Puis, il a ajouté qu'il était trop lent, ouh qu'il était trop lent, mais il était trop lent. Là, dans la foulée, je suis allé sur M6 et là, ouf, soulagement, ce sont bien les équipes prévus pour de vrai actuellement. En revanche, ces gens, c'est Marc-Olivier Fogiel, occupé à humilier Yves Cochet et Jean Saint-Josse, en plus, Jean-Louis Borloo était déchiré, plus que d'habitude, il a même voulu embrasser Martine Aubry en clamant que c'était un avant-goût du débat. C'est vrai que ç'aurait pu être pire, j'aurais pu voir Estelle Denis se féliciter que la présidentielle est relancée, alors que Dominique Grimault marmonnait que Joseph Laniel manquait beaucoup au paysage politique français, tandis que Pierre Ménès regrettait que l'on ne fasse pas comme en Angleterre et qu'on applaudisse des nuls comme Luc Ferry tout ça juste parce qu'il a les cheveux dans le cou et qu'il lit des livres.

Bref, valait mieux rester sur France 2, où le plateau se vidait petit à petit, ne restaient plus que les partisans de Royal et Sarkozy. Xavier Gravelaine venait de saluer Maxime Gremetz part un peu habituel "salut , Maxou, on se retrouve à la buvette" puis, coupait un échange entre Jean-François Copé et Julien Dray au sujet de la précarité pour un "ah, je ne connais pas ce club, je n'y ai jamais joué" non moins surprenant. Sans parler de Thierry Adam, égal à lui-même et à zéro, lancé sur une analyse personnelle de l'abstention (à peine 14 %), comme quoi cette compétition était de plus en plus merveilleuse et on l'a bien vu en 1999 pendant mai 68. Le tout s'arrêtant sur le visage livide et l'oeil vitreux de Xavier Gravelaine, occupé à faire des cocottes avec les professions de foi qu'il avait mises sur son bureau pour faire sérieux. Et puis, on a fini avec le QG du FN, où l'on hésitait entre la joie d'un score record et la déception d'une quatrième place, Henri Sannier résumait tout cela dans son style caractéristique : "ils sont cinquièmes, non ? On a les scores, au fait ? Laurent ? Jean-René ? Quelqu'un ? Bon, ben, en tout cas, on a eu du beau temps ce week-end, alors moi, je suis content."

Cela dit, il se peut que tout ce qui est relaté ici ne se déroule pas. Et réciproquement.

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Mercredi 28 mars 2007

rendez-vous le 4 juillet

On retourne sur Air Force One, où l'ex-femme de David remercie lui et son père car, quand même, ils leur ont bien sauvé la mise. David va vomir car, même là-dedans, il a le mal de l'air et il intervient car le Ministre de la Défense vient de demander à balancer une bombe atomique sur ces connards, mais comme on est au-dessus des Etats-Unis, on n'a pas trop envie. Le ton monte, le Président est catastrophé car le Vice-Président et tout le toutim se sont fait buter, le père de David intervient pour leur dire de fermer leur gueule car David les a sauvés et qu'avec Roswell, ils étaient au courant de ce qu'il s'est passé. Le Président vient le calmer, lui dire que Roswell, c'est du bidon, l'autre répond que, quand même, Jacques Pradel a montré une vidéo bien troublante et là, le type de la Défense vient nous informer qu'en fait, des Roswell, il y en a plein et d'ailleurs, ils l'ont dit l'autre jour à l'Arène de France, avec des témoins dignes de foi comme Nelson Monfort, sans parler du C'est mon choix consacré à la question avec Sandy Valentino. Evidemment, le Président est surpris et énervé, qu'on lui cache ça : "What do want ? Do you want that I go back to my plane ? This is not a method, this a provocation ! Bonjour !" Sinon, Jasmine récupère la Présidente (enfin, la femme du Président), mal en point mais elle est encore en vie. Steven, lui, croise toute une bande de réfugiés et leur indique une base militaire qu'il a survolé, pas loin, qui n'est même pas sur les GPS.

Tout le contenu d'Air Force One se rend à la base 51, la fameuse base secrète où on fait plein d'études sur les extra-terrestres. C'est dirigé par un scientifique cinglé, comme tous les scientifiques, il est tout joyeux car ils reviennent et on va apprendre plein de trucs sur eux. Il fait la visite, leur montre un vaisseau récupéré dans les années 60 mais encore en état de marche, fait quelques blagues (pas tellement bien accueillies par l'auditoire) et enfin, clou de la visite, les extraterrestres crevés dans le formol. Le Président, quand on lui dit que les autres ont beaucoup d'avance technologique, demande alors à David de leur mettre la misère avec le code qu'il avait trouvé. La colonne de réfugiés arrive devant la base, on leur dit que l'on veut une immigration choisie et pas les subir, Steven montre l'extraterrestre qu'il a dégommé et là, on les laisse entrer. Le Président apprend alors comment s'est faite l'attaque (d'abord, contre les installations de l'OTAN, puis, contre les villes américaines, et enfin, contre les Burger King et les usines General Motors, bref, contre les Etats-Unis, donc, contre l'humanité) et il comprend, qu'en fait, ils viennent pour nous buter jusque dans les chiottes. Ça fait peur, car là, on pensait vraiment qu'ils venaient pour voir l'étape du Tour de France avec que du plat et un sprint à l'arrivée, mais sans courir à côtés des cyclistes, ils ne sont pas des sauvages.

Le scientifique commence la dissection du spécimen ramené par Steven, mais ça se gâte car en fait, il n'était pas mort. Du coup, il s'énerve et quand il s'énerve, il miaule, c'est horrible. Le Président est appelé sur les lieux, car il sait toujours quoi faire. Là, on voit l'extraterrestre en pied, et il est bien moche, visqueux, des yeux énormes, de grosses tentacules ... on dirait un mélange de Bataille et Fontaine. Le Président tient alors un discours de Président : "écoutez, il faut faire travailler ensemble les extraterrestres et les terriens, il faut une grande coalition pour travailler tous ensemble et pas les uns contre les autres, arrêtons les vaines querelles qui ne servent à rien et toi, tu ne me fais pas les poches". Bon, ça ne marche pas, l'autre lui répond : "Tu n'as pas envie de te faire sodomiser, mais genre ailleurs ? Personne ne t'aime ici, alors barre toi, à moins que ça ne te rappelle tes érections de nouveau-né." Pire, par télépathie, il dit au Président qu'ils vont de planète en planète pour danser la samba, ils bouffent tout dans le frigo, ils mettent les pieds sur la table, ils pètent, ils rotent et ils fraudent à la Carte Orange. Le Président, il a vu la guerre, la victoire qui était au bout de leur fusil, il a vu le sang sur sa peau, la fureur et les cris, alors finalement, il veut bien qu'on leur balance une bombe atomique, au point où on en est. Ah, vous aussi, vous en avez assez, de cette bande de racailles extraterrestres ? Eh bien, on va vous en débarrassez. David n'a pas aimé cette décision, il se bourre la gueule et son ex-femme lui dit qu'en fait, elle l'aime toujours. Mais là, l'autre, il n'est pas en état.

Le gros boum-boum aura lieu à Houston, Texas. Ça tombe bien, le Président n'aime pas Houston. Ça fait un joli champignon, on se dit que ça y est, on les a fini à la pisse, ces salauds mais non, ça n'aura eu aucun effet sur le vaisseau, intact, qu'il est. Même pas une égratignure. Mais même pas la carrosserie rayée, rien. Là, le Président se dit que ça commence à être sacrément galère et que, à bien y réfléchir, ce ne serait pas un mal que de recompter les voix. Si, si, en fait, il avait perdu en Floride, ce n'est pas à lui de s'occuper de tout ça. Entre temps, Steven a emprunté un hélicoptère pour aller retrouver Jasmine, il ramène tout ce beau monde à la base, y compris la Présidente mais elle va crever immédiatement ou presque, juste le temps de faire des adieux déchirants, avec des larmes et des violons. Après, il faut tout expliquer à sa fille, et avec les dernières heures passées, ça fait du boulot et pas un peu. Mais c'est normal, il faut toujours un gentil qui meurt, sinon, ce n'est pas du jeu.

David, lui, est raide beurré, il crie qu'il faut tout cramer, tout détruire, tout polluer, tout passer au Kärcher, pour qu'ils s'en aillent. Ça tombe bien, on en prend le chemin en ce moment. C'est un super prétexte pour rouler en 4x4, ça, je veux empêcher les extraterrestres rapaces de venir nous piquer nos richesses. David, après une discussion avec son père, a alors une idée, il dessaoule instantanément et se dit qu'en piratant leur système de défense, on va bien leur foutre profond. Donc, le plan est clair : on leur envoie un mail avec une pièce jointe qui s'appelle parishiltongrossecochonne.exe, ils l'ouvrent, la défense est kaputt et on les bousille au sol. Le responsable de la Défense se fout de la gueule de David, dit que son plan est tout naze, Steven appuie David et le crâne d'oeuf cravaté passe pour un blaireau devant tout le monde malgré ses anéfés protestatoires. Il a les boules, il commence à s'en prendre aussi au Président, lui crie "mais va te faire enculer, pauvre type", chose à ne pas dire au patron, il est viré, bien fait pour sa gueule.

Toute la Terre est avertie de cette idée, par morse (le signal, pas l'animal), que ce soient les Israelo-Palestiniens (vu la situation, ils sont ensemble), les Russes ou les Japonais. Le seul problème, en fait, c'est qu'on manque de pilote, alors on prend n'importe lequel qui sait conduire un avion, même dans un manège. C'est ça, la guerre participative, l'ordre juste jusque dans le piloutage. Les derniers préparatifs se font, Steven et David vont devoir sauver le monde, alors ils font les adieux qu'il faut : Steven se marie avec Jasmine et David et l'autre se rabibochent définitivement. Mais surtout, le Président rechausse les crampons (il était pilote de chasse pendant la Guerre du Golfe, car c'est un bon Américain, il ne s'est pas planqué pendant le Vietnam, lui) et avant cela, fait un grand discours devant l'assistance en délire (manquaient les flonflons mais bon, ils ont tout cassé, aussi) : "Travailleuses, travailleurs ! En tant que représentant des maires des Etats-unis, on doit se rebeller et faire de l'arrachage de ces navettes. Ce sont toujours les patrons qui s'en sortent mais moi, avec mon avion de chasse, je continuerais de vous apporter votre courrier. Parce que là, la planète va mal, alors, camarades, unissons-nous ! Mettez des drapeaux américains partout ! Je veux réunir les Américains démocrates et les Américains républicains, ensemble. On va se mettre en chasse du gibier car la Terre, tu l'aimes ou la quittes. Je l'avais dit, qu'il y avait des temples extraterrestres sous l'aéroport JFK mais on m'avais ri au nez. Je dis tout haut ce que vous pensez tout bas, voyez-vous, n'est-ce pas. Vivre ensemble, mourir ensemble !"

Bon, c'est bien beau tout ça, mais ça reste sur le papier, il faut attaquer pour de vrai, maintenant. On libère le parking, Steven aux manettes et David à l'ordi, et c'est parti ! Bon, pas tout à fait, Steven (qui a appris à conduire le vaisseau quand il travaillait au Ritz) se plante de sens et cogne le mur : "logiquement, ça passait". Le temps de comprendre son erreur, ils sont partis et David vomit quand Steven s'amuse à faire des loopings, mais lui aussi a sa larme à l'oeil quand ils arrivent dans l'espace. En bas, le Président embarque à bord de son avion de chasse mais apprend qu'il n'y a pas trop intérêt à se louper ce coup-ci car le vaisseau se dirige sur la base 51, où la population remercie cette protection providentielle : "51 je t'aime". Les extraterrestres, ils ont un super système de pilotage automatique, pour pouvoir se garer, c'est pratique mais il faut avoir une bonne mémoire pour ne pas se paumer (souvenez vous des dimensions du méta-engin, c'est immense). Ils arrivent sur place, ferment les vitres (histoire de ne pas se faire repérer) et David commence son travail de sabotage tout en téléchargeant sur e-Mule les meilleurs tubes extraterrestres.

En bas, le virus fait son effet, alors on canarde à tout va, le vaisseau en prend plein la gueule, mais ils ne se laissent pas faire et envoient les petits anticorps à l'attaque. C'est quand même plus facile maintenant qu'ils n'ont plus le bouclier fiscal magique, mais il reste des risques, par exemple, celui qu'ils butent tout le monde sur la base 51, d'ailleurs, ils commencent à le faire. En haut, ça se gâte, car ils sont pas payé l'horodateurs et que le contrôleur a bien envie de verbaliser. Du coup, ils sont coincés et en plus, au-dessus de la base, l'autre vaisseau se prend d'utiliser son arme secrète et ils n'ont plus de missile. Et c'est là que débarque l'alcoolique ! C'est marrant, quand même, le jour où Borloo annonce son ralliement à Sarkozy, TF1 diffuse un film où un alcoolique sauve le monde. Enfin, l'alcoolique, il le paye cher, car son missile est bloqué et tout le monde comptait sur lui, alors il décide d'y aller façon kamikaze (comme quoi, ça marche), clame son amour pour ses enfants, invite les extraterrestres à pratiquer la sodomie de façon passive et se jette sur l'arme spéciale qui, en explosant, détruit tout le vaisseau mais ne cause aucun dommage à la base en dessous. Les débris du vaisseau non plus. Et pourtant, il était maousse, le vaisseau. On prévient alors tout le monde de la solution miracle, celle des américains !

Retour dans le vaisseau mère où David et Steven échangent plaisamment avant d'envoyer la petite surprise : une bombe atomique, mais qui n'explose que dans 30 secondes. Miracle ! Sur le coup de l'étonnement, le vaisseau est libéré et donc, ils essayent de sortir, Steven est pour le moins nerveux d'autant que, stressé, David est pénible : "A gauche ! A gauche ! A gauche ! Hou, on ne va pas sortir, on ne va pas s'en sortir, on ne va pas s'en sortir, on ne va pas s'en sortir, on ne va pas sortiiiiiiiir ! Je l'avais dit, on ne va pas sortir ! Sinon, dimanche, il y a un tournoi du côté de Biscarosse." Bon, en fait, ils arrivent à sortir et même à ne pas prendre de débris quand le vaisseau explose. Alors, après avoir atterris, ils reviennent à pied, sans problème, devisant pépères : "et ouais, mec, à Bel Air, chez mon oncle, je suis le prince, mec !" "Bof, quand on a côtoyé un tyrannosaure, le reste est un peu fade." Ils peuvent donc participer à la grande célébration de joie, avec toute la base mais aussi partout sur la Terre : les Africains avec des pagnes et des lances en bois, les Egyptiens avec des turbans, les Australiens tout aussi bizarres ... Et tout ça, le 4 juillet ! Jour de l'indépendance de l'humanité, en plus des Etats-Unis, d'ailleurs, vous l'aurez compris, c'est légèrement grâce à eux qu'on s'en tire.

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