Mercredi 28 mars 2007

just order and God saves America

Avant de commencer ce sublime (assurément) résumé, une remarque sans intérêt : ceci est mon 300e. Avec toujours autant de pelos pour lire mes divagations ("vagations") et, comme disait le poète, pourvu que ça dure, la belle figure, les fêtes à Bayonne, les remparts de Carcassonne (c'est quand même autre chose que du Cali ou du Doc Gynéco, hein). Alors, voilà, 300, et pour le fêter, un chef-d'oeuvre du septième art, avec des extraterrestres, des poursuites de ouf, des panpanpan partout et les ricains qui nous sauvent encore la mise. Bref, un truc à voir au cinéma car chez soi, devant la télé, on perd des images ou du temps, je ne sais plus, en tout cas, on perd.

On commence le 2 juillet (l'année, on s'en branle). Sur la Lune, qu'on peut voir en plein jour (pour plus d'information, demander à Mickaël Youn). On voit une plaque laissée là pour les touristes, les restes du passages des astronautes (avec les canettes de Kro vides, les paquets de chips, les Playboys aux pages collées ...), et au-dessus, un immense vaisseau qui passe, comme celui d'Albator, mais en plus moche. A l'observatoire des glandus, on se rend compte de ce qui s'y passe et au Pentagone aussi. Plus de 500 000 kilomètres et un volume d'un quart de la Lune, ça commence à faire, eh bien ce sont les dimensions du machin, autant dire qu'on se grouille de prévenir les différents responsables, à commencer par le Président (Whitmore), main sur le coeur, stagiaire sur les genoux et tout et tout. Le Président, il est jeune, il est cool, il est sympa et il a tout le système contre lui mais il ne s'en inquiète pas, car il est détaché, pull noir à col roulé, j'ai changé, j'aime les gens, tout ça. Et il apprend.

Le commun des mortels, lui, il ne sait rien. Ainsi, un informaticien (David) et son père jouent tranquillement aux échecs au soleil. David, il est intelligent, car il éclate son papounet, il a des problèmes de fêlures intimes (il n'est plus avec sa femme depuis 3 ans mais garde son alliance, c'est dire si c'est grave) et il a un boulot d'enfer à la télé, mais dans la technique. Alors, il voit que ça galère, que l'image n'est pas belle, le son pourri et ça, ce n'est pas normal (il ne bosse pas avec Fred Godard, il faut dire), du coup, ça fait du travail à faire. Les problèmes de retransmission, ça emmerde aussi des ploucs chicanos qui vivent en caravane, et dont le père alcoolique pilote des avions, mais avec que lui dedans, c'est moins dangereux. Il doit asperger de pesticides un champ mais se plante et arrose le mauvais champ, moralité : les enfants, ne buvez pas, surtout si vous conduisez des avions.

A la Maison Blanche, c'est le branle bas de combat, la conseillère spéciale est hystérique mais le Président, tranquille, détaché, peinard, se contente de dire qu'on va passer en alerte 3 mais cool, zen, tout va bien, classique, la routine habituelle, quoi. Les militaires l'informent que trois petites soucoupes (de 25 km chacune) se sont détachées pour venir nous faire coucou. Là, comme c'est bien fichu, on va tout de suite en dessous d'une base, avec une soucoupe au-dessus. Partout dans le monde, c'est le choc, il y en a une au-dessus de l'Irak (m'aurait étonné qu'ils ne soient pas encore dans le coup, ceux-là), une autre en Californie et une troisième qui vient filer la pétoche à tout Moscou (mais c'est con, un Russe, il faut bien le dire). Les fayots viennent dire au Président d'aller s'abriter car le machin, on sait pas trop ce que c'est, mais lui reste cool, Colgate, Head & Shoulders, et se contente d'envoyer le Vice-Président et le gouvernement à l'abri, mais pas lui, pour montrer qu'il n'y a pas de quoi avoir peur : "écoutez, qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? Laisser la panique s'installer en abandonnant mon poste ? Transformer mon pays en lieu de terreur où l'on ose plus sortir de chez soi ? Eh bien, non, je m'y refuse, c'est pour cela que je propose un Ministère de l'Immigration Spatiale et de l'Identité Planétaire."

David a trouvé une histoire bizarre, Figurez vous que le signal qui brouille toute l'écoute des satellites, il paraît s'atténuer petit à petit et progressivement. Dingue, non ? Mais dans son bureau, tout le monde s'en fout, car tout le monde est scotché devant la télé où Roger Gicquel annonce que les extraterrestres arrivent et Jean-Claude Bourret ajoute qu'ils viennent nous rendre l'argent de la Cinq qu'il leur a confié. David, lunaire comme tous les informaticiens, n'avait rien vu ! On retrouve aussi l'aviateur alcoolique au bar, en train de se faire charrier parce qu'il s'est trompé de champ et aussi parce qu'il avait prétendu avoir été enlevé par des extra-terrestres. Une grosse musique qui fait peur retentit, on voit la chose débarquer partout, chez les ploucs, mais aussi à New York où un gosse noir vient réveiller sa mère (noire, aussi) qui pionçait tranquillement dans les bras de son homme (noir, pareil), au-dessus du bureau de David (qui est le seul à ne pas partir se planquer dans l'abri anti-aérien avec tous les autres collègues) et au-dessus de la Maison Blanche bien sûr, avec la petite fille du Président qui vient lui dire : "bonne chance, mon papa !" Bon, c'est sûr, tout le monde a les chocottes, personne ne comprend ce qu'il se passe, sauf le Président, pas inquiet pour deux sous. Ainsi, chez les noirs de service, le petit rentre pour dire à son père qu'il flingue les martiens, l'autre lui rétorque "trop cool, Carlton, t'es génial, mec" mais en sortant prendre le Figaro (car il est bien intégré), il voit le gros vaisseau.

David, lui, il a compris. En fait, le signal qui diminue, c'est un compte à rebourss. Il explique ça à son patron qui mouille sous lui, il explique en faisant une métaphore sur les échecs et conclut que dans six heures, on est échec et mat. C'est à ce moment que le Président parle : "mes chers compatriotes, bonsoir. J'ai décidé de dissoudre ... ah non, c'est déjà fait. Je crois aux forces de l'espace, d'ailleurs, elles viennent et je les recevrai pour le petit déjeuner. Je l'ai là, chevillé au corps, l'envie d'avoir envie, c'est pourquoi je vous demande de mettre des drapeaux américains partout chez vous." Là, on en apprend un peu plus sur David, il appelle son ancienne femme et en fait, c'est la principale conseillère du Président, il lui dit tout mais elle l'envoie bouler, sous prétexte que c'est moins urgent que son vernis qui sèche et pourtant, David, il a combattu des vélociraptors, donc il s'y connaît, en situations louches. Chez les noirs, on apprend leurs noms (car ils sont civilisés, même si ça n'est pas évident de prime abord) : Steven et Jasmine. Ils s'engueulent car Steven, il est militaire et on l'a rappelé pour l'occasion. Mais lui, malgré la tension, il ne s'inquiète pas, tout est normal. La preuve, il dit à Jasmine qu'elle n'a qu'à venir avec lui et leur fils Dylan à la base, ils les feront entrer sans problème.

David est allé chercher son père pour qu'il l'amène à la Maison Blanche, pour aller prévenir le Président car l'air de rien, ils n'ont que quelques heures devant eux. Président qui demande à sa femme, qui est à une opération caritative avec Lorie et David Douillet à Los Angeles, d'aller dans une autre ville car, bon, il est cool, serein, détaché, mais quand même, elle compte plus que lui, elle doit se mettre à l'abri. Les ploucs latinos sont aussi en pleine effervescence, le vieil alcoolique dit à tout le monde qu'il faut buter ces enculés d'aliens qui ont abusé sexuellement de lui. A la base, Steven apprend qu'il n'est pas retenu pour aller dans une navette spatiale. Son pote a compris le problème : ce n'est pas une question de compétences, mais juste qu'il n'est pas assez lèche-cul (mais aux Etats-Unis, on ne dit pas "cul" mais "popotin"). Et que sa femme, qu'il a prévu d'épouser prochainement, est une strip-teaseuse, ça n'est pas classe mais bon, ça vaut toujours mieux que de flinguer ses concurrents.

David arrive devant la Maison Blanche, il a tout un appareil de piratage pour avoir le numéro de son ex-femme et sa position exacte (à quatre pattes). Du coup, il arrive à entrer dans la Maison Blanche sans payer le droit d'accès. Faut dire que David connaît l'ouvreuse, mais il a un certain contentieux avec le Président, avec qui il s'est battu pour des histoires de fesses, rapport à quand il était parti avec sa femme à New York (en plus, ça avait fait la une de Paris Match mais ça s'est arrangé avec le journal depuis, le directeur a été lourdé). Mais le Président est magnanime, il accepte d'écouter David qui lui fait un schéma sur comment on fait les bébés et, par la même occasion, lui explique qu'avec les satellites (plus un ballon envoyé là par Djibril Cissé), les vaisseaux se synchronisent pour nous péter la gueule dans moins d'une demi-heure. En plus, un hélicoptère qui s'est approché un peu trop près du vaisseau se fait descendre, alors le Président, il prend la bonne décision, comme il faut : il faut partir. Du coup, toute la Maison Blanche monte dans l'avion présidentiel (plus simple de fuir avec que de fuir sur le tracteur), y compris David et son père, c'est confirmé depuis Air Force One, on y entre comme dans un moulin, là-dedans.

Le vaisseau s'ouvre, la foule est en liesse, enfin on va voir ET en vrai et serrer la paluche de Alf, avouez que ça fait envie. Ça fait plein de jolies lumières phosphorescentes, de la grosse musique qui fait peur et qui annonce que c'est un moment important du film. Là, ça devient terrible, car le vaisseau qui s'ouvre, en fait, c'est pour en faire sortir une arme du tonnerre, qui démolit le World Trade Center en deux coups de cuillère à pot. Oui, ils ont peut-être de la technologie sophistiquée, les extra-terrestres, mais ce sont de gros bourrins, quand même : nous, sur Terre, on peut faire la même chose avec trois bédouins armés de cutters. Eh ouais, nous, on a du savoir-faire ! Bon, il y a des explosions partout, mais tous les gentils qu'on a vus s'en sortent. L'avion du Président (avec David, son père et sa femme, ainsi que la fille du Président) grille la politesse à l'explosion et, plus fort encore, dans un tunnel, Jasmine, avec Dylan dans les bras, atteint un placard à balais, est rejointe par son chien (qui doit bien passer le mur du son, là). Tout dans le tunnel explose, tout crame, tout est en ruine ... sauf le local de service ! Ils auraient dû mettre les mêmes dans le Tunnel du Mont-Blanc.

La nouvelle se répand (sauf sur les médias des grandes villes américaines, évidemment), l'alcoolique fanfaronne dans son camion avec ses fils car il avait raison avant tout le monde. Le Président est anéanti car il est sans nouvelle de sa femme et qu'il aurait pu faire évacuer les villes. Quant à Jasmine, elle sort de la cabane au fond du jardin et voit des ruines et des cadavres à des kilomètres à la ronde. Mais elle a pu chier tranquille. A la base, on apprend qu'on va attaquer. Evidemment, avec ces paydays de diplomates, on n'a pas pu les dégommer à temps, mais pas grave, on va se venger et ça va chier, bordel de merde ! "The game is over !" En plus, le chef des extraterrestres, il prend des douches avec le sang de ses opposants, donc c'est un gros vilain qu'on va pendre comme au bon vieux temps. Steven part donc à la chasse, échange quelques blagues avec son pote, toute la patrouille arrive devant le vaisseau et viennent leur dire : "venez ici, si vous avez des couilles !" Les autres, ils ne viennent pas, alors feu à volonté. Manque de pot, les missiles, ils sont anéantis par un bouclier anti-missile, le constructeur des missiles, qui avait revendu ses actions la veille, est bien emmerdé mais pas trop : "je préfère passer pour quelqu'un d'incompétent que de malhonnête".

Et là, c'est comme dans Il était une fois la vie, quand les gentils larguent les anticorps. Plein de vaisseaux petits formats sortent du grand vaisseau, comme dans Star Wars, ils ont eux aussi des boucliers, et c'est une vrai boucherie, les avions prennent chers dans la face. Là encore, c'est quand même écraser une mouche avec un marteau-pilon, vu que quelques 404 Pijo, avec des bonbonnes de gaz et des réveils, ça suffit pour botter les fesses de l'armée des Etats-Unis. Enfin, bref, toujours est-il que Jimmy, le grand pote de Steven, se fait buter sous ses yeux, alors Steven, il est grave vénère. En plus, Jimmy, avant de mourir, il a vomi, ça ne fait pas classe pour un héros. Mais Steven, il est très fâché et quand il est contrarié, il hurle plein de vannes, il conduit comme un fou et il finit par balancer son parachute contre le vaisseau avant de se crasher. Du coup, les deux font un atterrissage forcé et Steven se précipite sur le vaisseau en criant des insanités ("j'vais t'faire courrir, moi, le rouquin ! Payday !") termine l'extraterrestre en lui collant un bon pain dans la gueule avant de conclure : "je vais te bouffer la bite".

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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Vendredi 23 mars 2007

rideau !

On termine de fermer boutique, cette fois sur France 3 avec l'émission de débat, troisième et dernière du nom. Lors de la première, on avait entendu parler des valeurs avec Julien Dray (soutien de Royal), Jean-Christophe Lagarde (soutien de Bayrou), Patrick Devejian (soutien de Sarkozy) et Marine Le Pen (soutien de qui vous savez). Pour la deuxième, on discourait des solidarités avec Jean-François Copé (soutien de Sarkozy), Jean-Marc Ayrault (soutien de Royal), Olivier Besancenot et Philippe de Villiers (à leur compte). Enfin, pour celle-ci, on cause des ambitions pour la France, avec trois candidates (Arlette Laguiller, Dominique Voynet et Marie-George Buffet) plus les soutiens de service à Royal (Vincent Peillon) et à Sarkozy (Nadine Morano). La forme reste la même : un reportage pour lancer un thème, des réactions au reportage, des questions par des vrais gens, et des engueulades au milieu.

On commence avec un reportage sur Euroméditerrannée, à Marseille, pour parler de l'emploi. Laguiller part bille en tête en dénonçant la flexibilité et les patrons qui en veulent toujours plus, provoquant ainsi un nivellement par le bas. Buffet en profite pour balancer aussi ses meilleures propositions : un service public de la petite enfance et la sécurité de l'emploi. Commence alors un débat sur les crèches, comment mettre en place des crèches d'entreprise, les modalités de garde d'enfants, tsetera, tsetera. Voynet se plaint que la garde à domicile soit déduite de l'impôt sur le revenu, ce qui fait que ceux qui ne le payent pas (et ils sont nombreux et pauvres) l'ont profond dans le fion (elle n'a pas utilisé ces termes), et demande alors un "panel des modes de garde".

Nouveau sujet : la place des femmes au travail (quel est le phallocrate, au fond, qui a dit "à quatre pattes" ?) et Vincent Peillon qui attaque bille en tête en disant que 4 femmes sont candidates et qu'elles sont toutes de gauche, preuve que la droite n'est qu'un ramassis de machos. Bon, en 2002, il y avait déjà 4 femmes mais 2 de gauche et 2 de droite (Laguiller et Taubira contre Lepage et Boutin). Heureusement, depuis, le PS, le parti de la parité (si j'ai tout bien compris) a pris 20 régions métropolitaines, ce qui entraîne donc une dizaine de femmes à la tête des régions. Ah, non, une seule. Foin de polémiques à deux sous, Buffet veut des négociations sur l'égalité homme-femme et surtout, elle veut quel le partage des charges domestiques soit effectif dans le plus grand nombre de couples, car c'est là que l'égalité doit se faire sentir, avec cette responsabilité parentale, on peut vraiment lutter contre les mentalités. Morano, seule personne de droite sur le plateau, décide d'attaquer quand même, en citant une séance au Conseil Régional de Lorraine, le jour de la Journée de la Femme : 20 personnes s'expriment, 3 femmes seulement, et pourtant, on a la parité pour les Régionales. Elle en profite pour dire que les crèches interentreprises concernent aussi les hommes, avant de se chamailler une première fois avec Voynet sur la représentativité des femmes dans les exécutifs. Finalement, Buffet tranche ce crêpage de chignon en réclamant la proportionnelle, partout.

Puis, le reportage suivant montre une entreprise qui change d'activité pour s'adapter à la mondialisation et qui fait de l'écologie. Buffet réclame alors une aide aux salariés qui font preuve d'innovation, de favoriser la recherche et de créer un pôle public de l'énergie au niveau européen. Voynet explique que l'écologie peut être utile, en créant des normes d'isolation obligatoires pour les logements, en rappelant qu'il faut compter sur l'Etat car Ducros, il ne peut pas toujours se décarcasser tout seul : "partout dans le monde, c'est les pauvres qui vivent dans les endroits délabrés". Puis, elle se dispute encore avec Morano au sujet de l'annulation du canal Rhin-Rhône. On évoque alors la pollution et l'agriculture, Arlette Laguiller sort son sabre pour demander à ce que les vrais responsables soient attaqués : non pas les travailleuses et les travailleurs, mais les grandes entreprises capitalistiques. On se dispute encore au sujet du canal Rhin-Rhône, Peillon annonce qu'il veut modifier les aides agricoles et Buffet surenchérit : il faut changer l'Europe et sortir l'agriculture de l'OMC, pour protéger les agriculteurs.

Puis, on parle du social, avec Airbus, pour commencer. Voynet dénonce le comportement passé de la France ("il y a des actionnaires qui se sont comportés comme des vandales") et Laguiller rejette la faute sur les patrons. Quant à Morano, elle se contente de vanter l'action de Sarkozy pour sauver Alstom, on doit en déduire que lui seul peut sauver Airbus. S'en suit un sujet sur Alcatel, Laguiller répète qu'elle veut interdire les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices et donner plus de pouvoir aux CE. Les fonds d'investissement suivent, comme sujet, avec le problème des besoins de rentabilité immédiate pour les actionnaires, au détriment parfois de l'entreprise. Buffet veut une "politique fiscale intelligente" et moduler l'impôt sur les sociétés selon le comportement, forcément, avec tant de gens de gauche, il y a des redites. Laguiller veut une transparence totale sur les fonds d'investissement, qualifiés de "prédateurs", et demande la levée du secret bancaire. Morano préfère à tout ça une formation toute la vie, afin de pallier un licenciement. Voynet reconnaît la faillite politique contre les délocalisations, un vrai gens lui rétorque "vous avez tous eu le pouvoir", ce à quoi elle répond "je l'ai eu moins que d'autres, j'aurais aimé en avoir davantage". En même temps, si elle retourne dans un gouvernement de gauche, il serait étonnant qu'elle en ait plus.

On continue avec un aspect éducation. D'abord, la recherche. Voynet veut revoir l'orientation des fonds (crédits d'impôts et subventions), cite les nanotechnologies à Grenoble, qui n'auraient pas besoin de fonds publics et conclut par cette formule de ma grand-mère : "en France, on arrose à faire mouiller". Morano demande à mettre en place des passerelles entre les entreprises et les universités. Enfin, dernier sujet, l'apprentissage. On voit un reportage qui montre Veolia faire beaucoup pour les jeunes, Peille dénonce un "publireportage", tandis que Voynet exprime que l'important, c'est avant tout de changer le regard sur l'apprentissage.

La phase d'avant campagne officielle s'achève donc, depuis le 20 mars, on est entré dans une nouvelle ère. Avant, tout était régi par l'équité (principe qui consiste à attribuer à chacun un temps correspondant à son poids dans la campagne, estimations pifométriques permettant de faire pas mal comme on veut) mais là, jusqu'au 8 avril, on change. On garde l'équité pour le temps d'antenne, mais on passe à l'égalité (tout le monde pareil) pour le temps de parole. Qu'est-ce que c'est que ce distinguo ? Eh bien, le temps de parole, c'est quand cause un candidat ou un soutien, le temps d'antenne, c'est quand on parle d'un candidat ou d'un soutien, fusse par lui-même. Donc, là, on les voit tous autant, mais pour les commentaires, on peut continuer à ne parler que des mêmes. Pour les deux dernières semaines, ça va être égalité pour le temps d'antenne et le temps de parole, sans compter qu'on aura alors aussi les spots télévisés, en espérant qu'il y en aura des aussi marrants que ceux de Bruno Mégret en 2002 (celui où il écarte vigoureusement un noir à casquette qui crie "z'y va" et qui bouscule une petite vieille, je ne m'en suis toujours pas remis).

Sinon, maintenant que toutes sont passées, autant faire un petit bilan des émissions ici traitées des différentes chaînes. Pour cela, j'ai pris mon petit ton de prof sévère mais sévère (ça, oui, je note sec) et jugé tout ça sur huit points que voici, les quatre premiers notés sur 2, les quatre autres sur 4 :
pluralisme : diversité des candidats reçus et équité des temps alloués
attractivité : facilité pour le téléspectateur à assimiler les arguments de candidat
exposition : audience potentielle
pugnacité : opposition rencontrée par le candidat
variété : diversité des thèmes abordés
approfondissement : détail des thèmes abordés
débat : opposition entre les candidats
intérêt politique : adéquation des discussions avec l'élection

J'ai une question à vous poser (TF1) :
pluralisme : 1.5
à part Nihous et Schivardi, les 12 y sont passés avec un temps équitable
attractivité : 1.5 bonne alternance des questions et des réponses, on sait de quoi on parle
exposition : 2 la case reine, le prime time de TF1 en semaine
pugnacité : 0.5 nulle de la part de PPDA (qui ne sert vraiment à rien), mais de temps en temps, un membre du panel asticote le candidat
variété : 1 des problèmes de durite ou de bidet qui fuit, certains thèmes importants (la dette, l'international, l'Europe, les transports, l'énergie ...) passent parfois complètement à l'as
approfondissement : 0.5 une question, une banalité et on passe à autre chose
débat : 0.5 chacun expose sa vue de son côté, mais les candidats ne se côtoient pas
intérêt politique : 1 superficiel et déséquilibré en faveur du candidat
total : 8.5 plutôt une bonne surprise, vu la réputation de TF1, des audiences excellentes mais un fond quand même très léger et une regrettable absence d'opposition

A vous de juger (France 2) :
pluralisme : 1.5 pareil que TF1, la plus grande part à Royal et Sarkozy, une bonne dose pour Bayrou et Le Pen, moins de temps pour les autres, logique
attractivité : 1.5 pareil que TF1, sans la pub pour aller faire ses besoins, mais avec un rappel des thèmes essentiels à la fin
exposition : 1.5 un prime time sur un jour favorable, le jeudi, case rôdée depuis longtemps à ce genre
pugnacité : 0.5 pareil que TF1, mais Arlette Chabot a parfois des remontées de mépris envers les petits candidats
variété : 2 même dispositif que TF1 mais les débats permettent de forcer chacun à se plonger dans des thèmes honnis
approfondissement : 1 les participations d'Eric Le Boucher et, surtout, de Nicolas Hulot permettent de se distinguer un peu de TF1
débat : 1.5 pour les petits candidats, entre eux à la fin, pour les deux favoris, avec Le Boucher et Hulot, pour les deux outsiders, rien
intérêt politique : 1.5 même défauts que TF1, mais des tentatives d'y remédier
total : 11 version semblable à TF1 mais consolidée par des débats qui permettent plus d'approfondissement et un peu de volonté de chercher la petite bête, aspect de l'émission qu'il faudrait privilégier à l'avenir à celle des questions des vrais gens

Français, votez pour moi (France 3) :
pluralisme : 0.5
sorti de Royal et Sarkozy (très présents par leurs soutiens), que de petits candidats, Bayrou et Le Pen sous-évalués, donc, Bové absent en plus de Nihous et Schivardi
attractivité : 1 assez chiant, il faut dire
exposition : 1 même case que l'émission de TF1, mais sur France 3, audience moindre, donc
pugnacité : 1 le genre du débat se prête mieux, mais Audrey Pulvar a tendance à se borner à distribuer la parole sans relancer ou triturer
variété : 2.5 émissions par thèmes plutôt que par candidat, on ratisse plus facilement
approfondissement : 2.5 c'est le principe de l'émission, d'aller au bout des thèmes
débat : 2.5 encore une fois, l'émission est bâtie comme un débat
intérêt politique : 2 le cadre impose de parler de points précis des programmes
total : 13 un débat, un vrai, c'est bien le seul en prime time, avec en plus un accent mis sur le fond, mais un plateau jouant beaucoup sur la bipolarisation au dépend des deux candidats menaçants, et, quand même, c'est chiant

Le grand journal (Canal+) :
pluralisme : 1 les émissions spéciales gardées pour trois candidats, mais les autres ont eu leur part
attractivité : 1 entre les rubriques, les rigolos, les pubs ... dur d'en placer une et donc de suivre
exposition : 1 si la case est accessible à tous, elle est peut exposée (Canal+ est loin du mythe de NPA)
pugnacité : 0.5 aucune ou presque (Apathie, principalement), c'est la récré
variété : 0.5 du blabla sans intérêt profond
approfondissement : 0.5 avec une minute de parole avant une grosse interruption (rubrique), impossible de détailler quoi que ce soit
débat : 1 les réponses sont parfois à porter à distance (via des déclarations dans la presse ou dans la Boîte à questions)
intérêt politique : 1 quelques instants à l'improviste, mais globalement, on est là pour la gaudriole
total : 6.5 tagada prout prout, mais du fond, point, on est dans le divertissement, clairement

En deux mots (France 5) :
pluralisme : 1.5 ils ont osé Nihous, il ne manquait que Schivardi, on peut regretter quand même que la dernière émission n'en soit pas deux (avec ainsi une égalité aussi pour ceux de cette dernière émission)
attractivité : 1.5 alternance réussie d'extraits et d'analyses, regroupées par thème, se suit très bien
exposition : 0.5 en semaine sur France 5, ou alors le samedi soir sur la TNT, il faut le vouloir pour le voir
pugnacité : 1.5 le but est décrypter le discours, et on le fait d'autant plus facilement que le chat n'est pas là
variété : 1 les mêmes thèmes principaux reviennent mais ça n'est pas le but premier
approfondissement : 1.5 on essaye, mais le temps est sérieusement compté (une demi-heure par candidat, voire un quart d'heure pour les quatre derniers)
débat : 0.5 c'est une étude séparée par candidat, donc pas d'interaction
intérêt politique : 2 travail de décryptage intéressant, quoi que parfois sombrant dans le délire explicatif ou la sodomie de diptères
total : 10 pas suffisant pour appréhender l'élection, mais nécessaire par son intérêt, le principal problème est l'horaire et la chaîne, qui permet toutes les audaces mais diminue l'audience

Cinq ans avec (M6) :
pluralisme : 1 grosse part aux quatre gros (avec autant pour les deux outsiders que pour les deux favoris, ce qui est un peu pousser mémé dans les orties), des miettes pour les autres, sans Bové en plus de Nihous et Schivardi
attractivité : 1 grosse part laissée au personnel, mais avec des échanges avec le politique pas toujours lisible
exposition : 1 dimanche après-midi, pas vraiment le meilleur horaire (19H serait préférable) mais il reste bien accessible
pugnacité : 0.5 Bernard de la Vilardière a peu de temps pour intervenir (et paraît du coup surtout agressif), les deux autres sont inoffensives
variété : 1 le temps imparti à la politique est court, donc on reste sur le thème fétiche du candidat
approfondissement : 1 c'est axé sur la personne, le reste, rien
débat : 0.5 rencontre du public avec le candidat, les autres sont à peine évoqués
intérêt politique : 1 c'est plus du people, la politique n'est qu'un alibi
total : 7 centrée sur les personnalités, la politique est peu abordée et à la va comme je te pousse, mais M6 débute dans ce domaine, reste à voir l'évolution

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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Vendredi 23 mars 2007

et bla, et bla, et bla

Les derniers jours d'avant la campagne officielle, alors on se grouille de tout diffuser avant. Pour France 5 et son émission de décryptage, ce sera donc une émission consacrée à quatre candidats là où on en avait deux, mais il faut bien boucler la boucle tant qu'il est temps.

On commence avec Dominique Voynet dont les images d'archive nous montre qu'elle a été une fausse blonde, ce travestissement de l'état naturel étant suspect pour une écologiste. L'engagement des Verts, c'est écouter les gens, changer la vie, inventer une nouvelle forme de vie politique, c'est donc assez ambitieux. Hélas pour eux, s'ils sont écoutés en tant que sonneurs d'alerte, ils ne sont pas entendus et sont même incapables de se développer à partir de ces alertes et c'est là leur drame. Leurs propositions ne sont d'ailleurs pas exemptes de paradoxe, comme celle de combattre à la fois les énergies émettant du gaz à effet de serre et l'énergie nucléaire. La mouvance verte voit aussi une rupture avec l'esprit des Lumières, ils ne pensent pas que tout va sans cesse aller de mieux en mieux, mais que le progrès peut être nocif. Voynet parle des hommes tels qu'ils devraient être et non comme ils sont, idéalisme qui est un autre handicap à sa crédibilité. Car le gros problème, il est bien là, Voynet est meilleure dans la dénonciation que dans la proposition. Sans compter qu'elle se mèle de tout, pas seulement d'écologie et n'ayant ainsi pas assez joué à fond la carte de l'environnement, elle voit les autres piétiner ses plates-bandes sans pouvoir pour autant aller ailleurs. Enfin, le défi pour les Verts est de passer de l'écologie locale (assez bien reçue et appliquée par la population) à l'écologie nationale (où là, c'est plus balèze).

Son meilleur ennemi, maintenant, Frédéric Nihous. Evidemment, la comparaison avec Jean Saint-Josse, qui a réussi les deux plus belles prises de l'histoire de CPNT, avec les 6.3 % des Européennes 1999 et les 4% des Présidentielles 2002. Là où Saint-Josse se posait en simple représentant du mouvement, Nihous n'hésite pas à utiliser le "je" et à parler de lui en tant qu'individu. Il fait aussi souvent, dans ses discours, une distinction entre les professionnels de la politique et les autres, dont lui. Pour cela, il a une phrase fétiche ("on ne change pas les choses avec ceux qui les ont créées), qu'il ressort à chaque occasion mais balancer des phrases toutes faites à tout propos, n'est-ce pas là un signe de métier de candidat ? Ce mouvement politique est parti d'un simple groupe de pression (les chasseurs) mais pour faire un bon score, il doit se généraliser au maximum, d'où ce concept de "ruralité", servi à toutes les sauces. Il sort donc de son domaine de chasseurs pour se placer dans une classe sociale (populations rurales) défavorisée, au même titre que les habitants des banlieues, pour qu'on le considère comme le porte-parole de sans-grade. Il veut faire passer son vote du terroir aux régions, histoire de généraliser un peu plus son socle électoral. On voit aussi une séquence sur le vif, où on se les caille (non, ne tirez pas, je ne parlais pas d'oiseau !), et Nihous, au lieu de dire qu'il fait "un temps de chien", parle "d'un temps de canard". Bon, il a peut-être tout simplement fait un mélange involontaire entre le froid de canard et le temps de chien, mais là, on nous explique qu'il ne se met pas du côté du chasseur mais de la victime, donnant ainsi une autre image des chasseurs. Enfin, Nihous joue aussi sur la nostalgie d'un vieux monde où on reste entre hommes, à boire du rouge et à se rouler dans l'herbe.

On continue ce tour d'horizon en vitesse avec José Bové. Au début de sa célébrité, on le perçoit comme le croisé de la lutte contre la malbouffe, leader de la Confédération Paysanne, représentant des petits agriculteurs, il se pose ainsi une image de paysan têtu, défenseur d'une agriculture familiale et de qualité, le genre de paysan de carte postale qu'on aime tous, au fond. Mais depuis, il a fait du chemin, au point d'avoir de grosses contradictions, comme les grands, il ne respecte pas les lois de la République, il s'en vante, mais il se présente à sa présidence. Cet autre Bové est né aux yeux du grand public lors du sommet de l'OMC à Seattle, à cette occasion, il a étoffé son portefeuille de révoltes à une place de leader antilibéral. Ce n'est pas qu'il n'aime pas la mondialisation en soi, mais il s'oppose à l'ultralibéralisme, à l'absence de règles et s'attaque ainsi à l'OMC, au FMI, à la Banque Mondiale ou à l'Union Européenne ... qui sont pourtant des instances de régulation. Avec Bové, on tient là une caractéristique française : le rejet catégorique et quasiment maladif du mot "libéral". Bové, c'est celui qui chercher à réveiller le tempérament révolutionnaire, il reprend la vieille mythologie nationale de l'homme qui dit "non". Son vocabulaire est celui du combat, il se pose en guerrier. C'est un professionnel de la communication, il a une bonne maîtrise des médias, même s'il se défend d'être un professionnel de la politique (comme tous les politiques).

Enfin, ça a été enregistré avant le dépôt des signatures donc, Nicolas Dupont-Aignan est encore considéré comme un candidat. Candidat à handicaps multiples, à commencer par les moyens financiers, plus faibles que ceux des autres. Il traîne une image de mec gentil, loyal, quasiment un Michel Drucker de la politique alors forcément, il peine à se faire admettre comme héritier du Général. Il utilise le "je" dans la France, il en appelle à la Nation, cherchant ainsi du regard son père idéologique. En fait de Charles de Gaulle, il ressemble plutôt au Chirac de 1995, par son appel au rassemblement. Certes, il est gaulliste dans sa vision de l'Europe voulue comme une confédération, une Europe des Nations, en somme, mais il se trompe en affirmant que les auteurs du traité de Rome étaient gaullistes. Sur sa candidature qui ne décolle pas (et qui s'est même scratchée depuis), il laisse parler une parano qui est surtout une occasion formidable de s'en prendre à l'UMP.

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Jeudi 22 mars 2007

enfin, là, c'est surtout Cinq minutes avec

Derniers jours avant la campagne officielle, alors on se grouille pour faire passer les sans-grade, avant que le gong officiel ne retentisse. Donc, là, en une heure, en fait d'un seul candidat comme dans les autres émissions, ce sont cinq types qui vont se succéder, selon un rythme bien défini : accueil, reportage sur la campagne, discussion brève en plateau. Evidemment, pas de Anne-Elisabeth Lemoine, pas de Bernard de la Villardière, juste quelques blablas, pas le temps de faire plus. Pas étonnant dans ces conditions qu'on reste dans le superficiel.

Premier de cordée, Olivier Besancenot, le facteur respectable et sain d'esprit. D'abord, il veut supprimer la fonction présidentielle, pour bien marquer le coup : "ça résume ce qu'il y a de plus antidémocratique". Il veut d'ailleurs en profiter pour passer un bon coup de Kärcher sur les institutions, revoir ainsi tous les mandats exécutifs : un seul mandat à la fois, et pas plus de deux ou trois mandats de chaque type dans toute sa carrière. Ça va changer fort, bordel ! Et surtout, qu'on lutte tous ensemble : "aujourd'hui, il y a des cadres qui pensent qu'ils n'ont pas besoin de se battre avec les techniciens, alors qu'ils se font tous bouffer à la même sauce". Pour cette lutte, plutôt que 1789 ou 1917, il préfère se référer à la Commune. Car, oui, Besancenot est un révolutionnaire, pas un réformateur, il ne dialogue pas, il cogne : "le dialogue avec les partenaires sociaux, je n'y ai jamais cru". Il ne considère pas les élections comme un moyen suffisant pour faire bouger les choses, il faut attaquer : "pour se faire entendre, dans ce pays, il faut faire du bruit, faire de l'agitation sociale".

En campagne, il ne roule pas avec son vélo de fonction mais une FIAT Punto, prêtée par un militant. Il confie aussi avoir peur des médias : "quand vous êtes là, je ne peux pas me mettre un doigt dans le nez". Et encore, il ne parle que du nez. Il fait aussi l'éloge de l'esprit critique, y compris à l'égard du parti, on n'est pas au PS, ici. Il se félicite de l'existence d'une forte mobilisation et, tel Charles Biétry, il peut nous dire ce qui se passe dans la tête de cette mobilisation : "son espoir, c'est de battre Sarkozy, et de ne pas avoir la gauche plurielle". Alors, pour cette mobilisation, le problème est de savoir pour lequel voter, vu que l'extrême-gauche est particulièrement plurielle, il rejette la faute sur le PC, parce que, contrairement aux autres, les cocos refusent d'être indépendants vis-à-vis du PS. Bon, il ne dit pas que les autres auraient pu s'entendre sur un seul au lieu d'être encore quatre, mais non, pas de précision sur ce point. Il refuse aussi de donner des consignes de vote au second tour tant que celui-ci n'est pas connu, histoire de ne pas paraître pour un con des fois que Le Pen ou Bayrou se faufilent. Enfin, s'il réfute d'être un nouveau candidat perpétuel comme Laguiller, il affirme qu'il militera toute sa vie.

On change du tout au tout, avec Philippe le Jolis de Villiers de Saintignon, l'Agité du Bocage pour les intimes. Forcément, on parle du Puy du Fou, il dit que quand il l'a créé, il voulait rester dans le spectacle et ne pas se lancer dans la politique. Celui qui l'a fait basculer (et qui, donc, a encore fait une belle connerie), c'est Jacques Chirac, pour qu'il aille s'occuper de la Culture (oui, oui) avec François Léotard (mais si, mais si). Il se vante d'avoir lâché l'ENA pour lancer le Puy du Fou et fait encore sa distinction avec Le Pen sur l'action et sur les dérapages. En campagne, de Villiers parle de la Vendée à chaque occasion, à tout le monde. "Ah tiens, ça, on l'a fait en Vendée, aussi", "oh, une vache, comme en Vendée", "tiens, vous avez de la brioche, comme en Vendée", ça marche avec tout. Il promet beaucoup, aussi, il y en a pour tout le monde. Et dans la tempête, avec ces sondages désastreux, il ne se trouble pas : "je suis un loup de mer, il n'y a que les esprits fragiles qui sont perturbés".

Sur sa pensée, brièvement exposée, il est coriace, le bougre. Déjà, il lutte contre "les technocrates de Bruxelles, les banquiers de Francfort, les forteresses du CAC40". Taïaut ! Hardi, les gars ! Montjoie, Saint-Denis ! Oh hisse, enculé ! Il prône aussi le retour à l'identité française et la défense du travail. Il en profite pour lancer encore une pique contre Sarkozy : "si on devait sous-titrer Nicolas Sarkozy, ça voudrait dire «Ministre de l'Immigration Incontrôlée et de l'Identité Européo-islamique»". Se faire traiter de gauchiste islamique, ça ne doit pas lui arriver souvent, à Sarkozy, c'est encore plus fort que de se prendre pour Jaurès. Il demande enfin à ce que les étrangers et les Français aient un traitement équitable, mais les favorisés actuels ne sont pas ceux que l'on croit : "un citoyen a plus de devoir que l'étranger, parce que l'étranger est de passage, mais il doit avoir plus de droits".

Dominique Voynet doit maintenant convaincre. D'abord, Estelle Denis lui demande ce qu'elle fait d'écologique dans la vie quotidienne. Elle répond qu'elle prend les transports en commun (le Palais du Luxembourg, quelle station ?), qu'elle trie les déchets et qu'elle prend l'eau du robinet plutôt que celle en bouteille. Mais l'écologie, ce n'est pas que ces histoires, c'est bien plus que ça : "chacun est prêt à faire un petit geste au quotidien mais personne ne veut chambouler son mode de vie". Z'avez compris, les bobos ? Finies, les bananes bouillies en République Dominicaine ! En campagne, c'est la déprime en permanence, les journalistes lui posent des questions sur les sondages la plaçant à 1% (soit grosso modo le score de Cohn-Bendit aux Européennes de 1999, mais en décalant la virgule d'un cran à gauche), ce qui lui amène cette réponse : "vous savez quoi ? Vous êtes désolants !" Elle se plaint de devoir toujours justifier sa candidature, comme en 1995 contre Brice Lalonde et Antoine Waechter et maintenant contre Nicolas Hulot et José Bové.

Maintenant, elle donne le bâton pour se faire battre, aussi, en allant tellement au-delà du simple cadre écologiste pour aller pêcher des voix à gauche. Bon, bien sûr, elle commence sur ses terres, en affirmant que 48 heures après son élection (ne rigolez pas, c'est la question qu'on lui a posée, elle n'y croit pas pour de vrai), elle mettra fin à l'EPR et aux OGM (le PSG est en sursis). Pour remplacer le nucléaire, elle propose d'économiser l'énergie, de développer les autres sources (l'éolien, le géothermique, la biomasse, et le cycliste professionnel). Maintenant, elle parle aussi d'autres thèmes, elle demande ainsi un numerus clausus en prison, quand on le dépasse, on fait sortir celui qui était le plus proche de la sortie. Il va de soi que ces sorties sont progressivement préparées. Tant qu'on y est, régularisation massive des sans-papiers, tous, cadeau, on n'est pas des sans-coeurs, chez les Verts. Quant à la question de faire partie d'un gouvernement de gauche, elle dit oui, mais pas à n'importe quel prix : "l'ordre juste, ça ne me suffit pas". Bon, l'ordre juste et un bécot, ça ira ?

Qui dit élection présidentielle, dit élection présidentielle, bien sûr, mais aussi, entend Arlette Laguiller. Ça tombe bien elle est là et elle est tellement extraordinaire qu'elle a le don d'ubiquité puisqu'elle est présente au même moment sur le plateau de Serge Moati, sur France 5. On peut donc en conclure que, contrairement aux autres émissions, celle-ci est enregistrée. Ou alors, à l'instar de Saddam Hussein, Arlette Laguiller a des sosies qu'elle envoie sur les plateaux télés (pour le discours, pas de problème, il suffit de l'apprendre par coeur). Elle veut continuer sur sa progression et faire plus qu'en 2002. Elle en profite aussi pour dire que depuis sa première candidature en 1974, la place des femmes n'a que peu progressé. Laguiller, c'est un engagement d'une vie, pas d'enfant pour mieux se concentrer sur la lutte sociale, elle reverse de l'argent régulièrement à Lutte Ouvrière. De plus, elle ne se vautre pas dans les canons de la féminité bourgeoise, elle est toujours en pantalon et ne met jamais de maquillage.

On évoque sa succession, elle dit préférer que ce soit une femme qui prenne la relève, pour le symbole des brimés. Et puis, elle, elle ne mélange pas vie privée et politique, mais pour de vrai, on ne connaît pas sa baraque secondaire à Deauville, ses soirées dans les boîtes échangistes ou ses enfants conçus avec le Prince Albert. Non, ceci n'a rien à voir avec la politique, alors elle n'en parle pas. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, elle milite aussi entre les élections, simplement, les médias ne s'intéressent alors pas à elle. Sa première mesure en cas d'élection est limpide : interdire les licenciements collectifs dans les entreprises qui font des bénéfices". Elle veut aussi augment significativement le budget de l'Education en prenant sur le budget militaires et les aides aux entreprises. Elle veut aussi créer, non pas un Ministère de l'Immigration, mais un service public du logement qui s'occupera de la réquisition des territoires, de la rémunération des constructions, bref, de toute la chaîne immobilière. En 2002, elle avait été la seule à ne pas appeler à voter Chirac au second tour (bon, il y avait Mégret, aussi, mais ce n'est pas pareil), elle persiste, il pouvait gagner seul et n'avait donc pas besoin des voix de la gauche, rassemblement qu'elle décrit comme "une escroquerie". Pour cette année, elle annonce qu'elle n'appellera pas à voter pour la droite, mais n'en dit pas plus, le suspense d'un soutien ou non à Royal reste.

Enfin, Marie-George Buffet, qui a adhéré au PC car elle était contre la guerre du Vietnam (ce qui ne rajeunit pas). Qu'est-ce qu'être communiste en 2007, à part être seul ? Eh bien, selon Buffet, c'est de "toujours refuser les inégalités". On la suit, comme les autres, pendant sa campagne, qui est une très longue succession de meetings, elle bouge sans cesse, en voiture, et sans mettre la ceinture en prime. A l'occasion d'un de ces transports, elle confesse apprécier une chanson de Stéphan Eicher qu'elle appelle "Laisse moi déjeuner tranquille". Je suppose qu'elle voulait désigner là Déjeuner en paix. Baste, ce n'est pas important. Elle a alors une séance de distribution de tracts, assez déprimante puisque personne ne la reconnaît ou alors, il y en a qui se souviennent l'avoir vu à la télé, mais qui ne se rappellent pas qui c'est. A un moment, elle dit qu'un dimanche matin, elle avait dû aller à Monoprix car elle n'avait plus de produits ménagers. La vie des dirigeants communistes est toujours aussi trépidante, depuis les valises de Lilanne.

Le point marquant de la campagne, pour elle, c'est une envie de débats. Quant à la première mesure qu'elle prendrait à l'Elysée, c'est la hausse de salaires et la sûreté des contrats de travail. C'est un des ses thèmes favoris, ça, la sécurité de l'emploi et la formation. Elle demande aussi la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans, pour acquérir une bonne culture générale, allant là contre Royal qui veut que l'école permette un recrutement plus facile par les entreprises. Elle veut donc valoriser l'apprentissage, en clamant qu'il doit être choisi et non pas imposé par les difficultés scolaires. Elle préconise également une grosse hausse des impôts pour les couches aisées. Enfin, questionnée sur son meilleur souvenir de Ministre des Sports, elle répond le parcours de l'équipe de France de basket féminin aux JO de Sydney. Là, j'avoue être surpris, puisque je ne me souviens que très peu de ce parcours. Celui des hommes, avec une finale, ça oui. La victoire des femmes aux Championnats d'Europe en 2001, aussi. Mais là, non. Bon, elle n'a pas pu confondre, ce n'est pas possible.

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Mercredi 21 mars 2007

ben non, ça fait trois !

Dredi 16 Mars :
Avant-dernier numéro des analyses textuelles des candidats, avec deux des trois favoris : Ségolène Royal et François Bayrou, histoire de garder quatre petits pour le dernier numéro.

Donc, on commence avec la présidente du Conseil Régional du Poitou-Charentes, avec un "s" à la fin, contrairement à Champagne-Ardenne (ce qui n'a rien à voir avec le sujet mais bon, il faudra m'expliquer il n'y a pas de "s" dans ce cas). D'abord, on la dit autoritaire mais elle réfute ce terme pour se dire volontaire : "pour une femme, on dit qu'elle autoritaire, pour un homme, on dit qu'il est volontaire". Le parler de Royal, c'est à la fois de la proximité et de la hauteur, en fait, elle se place comme une institutrice. Pour toutes les questions, elle a une formule magique : l'ordre juste. Ça fonctionne pour tout, vous pouvez essayer chez vous, c'est génial. Une autre grande caractéristique de son discours est qu'en plus de l'axe gauche-droite, elle y ajoute un axe Français-dirigeants, de là certaines positions surprenantes sur un axe mais intéressantes sur l'autre. Son discours de la refondation, de la famille, de la discipline, de l'autorité et des institutions sociales est critiqué à gauche mais en fait, on retrouve là le discours classique du socialisme. Non pas le socialisme gentillet de la Ve République, non, le vrai socialisme, le vieux, celui de Jaurès et Blum.

L'idée d'un "camp humanitaire encadré par l'armée" pour les jeunes délinquants, en revanche, passe mieux que l'idée de "prison", le mot fatal n'est pas prononcé. Royal se pose en garante de l'ordre, contre la rupture de Sarkozy. Elle utilise aussi la triangulation, technique de Bill Clinton en 1992, qui consiste à, plutôt qu'afronter les thèmes de l'adversaire, se les aproprier en montrant des solutions de gauche. Elle évite aussi de paraître un personnage haut et abstrait mais de sembler être l'inverse, de là vient son insistance à se mettre à la place des mères de famille moyennes. En prenant à revers son parti sur la carte scolaire, elle reconnaît implicitement que tous les établissements ne se valent pas, puisqu'on peut vouloir échapper au sien, position inhabituelle à gauche.

Quand elle parle, elle démarre sur un mode mineur, un truc à la con, puis, elle monte progressivement, elle globalise son discours en étendant la portée des propos et met petit à petit de l'émotion. En cela, elle fait comme François Mitterrand, avec comme différence qu'au lieu de parler des ouvriers, elle parle des femmes. Sur la question de la croissance, elle se démarque des positions traditionnelles, elle considère que c'est une donnée psychologique et que la croissance se crée par la confiance, pas par des mesures d'ordre économiques. Elle est aussi sur des paradoxes multiples. Ainsi, elle remet en cause les stock-options alors que ça a été mis en place par des gouvernements de gauche, sans l'évoquer dans ses discours. Ainsi, son discours économique n'est pas sur un positionnement précis, on y retrouve des tonalités populistes, des idées altermondialistes mais aussi des sociales-démocrates. Elle participe aussi à la dimension religieuse de l'élection présidentielle, en prenant la figure du guide, en adoptant la position du missionnaire (heu, pas sûr qu'elle soit heureuse, cette expression, enfin, vous avez compris). Elle est aussi une figure directoriale, les militants sont infantilisés quand elle parle, elle est la maîtresse d'école qui parle aux bambins.

Autre candidat du centre, François Bayrou, qui d'ailleurs répète sa conviction de la possibilité de refaire les rassemblements centristes de Jean Lecanuet en 1965 et Valéry Giscard d'Estaing en 1974. Il parle comme s'il était en guerre, il est le Astérix qui veut empêcher toute la France de devenir UMP mais il exagère fortement, entre ses propos et ses actes, il y a une énorme différence d'intensité. En 2002, il avait bénéficié d'un coup médiatique involontaire, avec la giffle au gamin, geste qui montrait un retour à l'autorité simple, qui lui a donné de l'empathie avec l'opinion. Le coup était involontaire mais il fut bien exploité, c'est d'ailleurs une caractéristique de Bayrou, de bien savoir utiliser les évènements à son profit.

En 2006, il décide de voter la motion de censure, créant là un acte fondateur, il passe alors d'un électorat de droite et centre-droit à un électorat ouvert au centre-gauche. Si, traditionnellement, les centristes sont modérés, lui se place dans l'opposition et quand il attaque, il est féroce. En réalité, derrière ses attaques contre les institutions, c'est davantage les pratiques qu'il condamne et sa VIe République est en fait une resucée de la IVe, l'UDF récupérant alors un rôle charnière. Il utilise beaucoup le "il faut", faisant ainsi comme les autres politiques. Pour toutes les questions, il met en avant le problème de l'éducation et la jeunesse, c'est son dada.

La démocratie chrétienne est le courant d'origine de l'UDF mais il a aussi des références en dehors de ce cadre. Sur la perception des ressources sans travailler, il fait le même constat que Nicolas Sarkozy, mais pas de la même façon, il parle sur ton doux au lieu de dénoncer l'index vengeur, il propose l'intégration comme élément-clé, comme ça, ça passe mieux. Il suit la tradition centriste sur l'Europe, il est farouchement pro-européen comme tout ce courant, et en plus, cette question de l'Europe lui permet de ratisser des deux côtés. Il a sa théorie du complot en faveur du bipartisme mais, pour être cohérent dans sa dénonciation du système, il doit montrer que son avis est partagé par les Français et qu'il n'est pas dans ce système, pour cela, il lui faut répéter qu'il va gagner, mais il courre le risque d'être rattrapé par le clivage gauche/droite. Enfin, une conclusion signée Gérard Miller : "avant, les centristes aimaient souffrir, comme Gilles de Robien ou Nicole Fontaine, qui tendaient leurs doigts sous la férule de l'UMP, voilà enfin un leader centriste qui veut faire souffrir ses anciens maîtres".

Sadi 17 Mars :

Rien. Bon, on meuble. Tiens, les signatures, on devait avoir la réponse la veille. C'est oui pour Bayrou, Buffet, Royal, Sarkozy (aucun problème pour eux), Schivardi (que personne ne connaît et qui ne fera pas 1%), Le Pen (et pourtant, on a eu des jérémiades), de Villiers (donc, ailleurs qu'en Vendée aussi), Voynet (qui ne dira pas merci au PS), Besancenot (qui pourra dire merci à Sarkozy), Laguiller (comme d'habitude) et Nihous (solide à l'affût, les appâts étaient bons). Pour Dupont-Aignan, c'est raté, il s'est fâché tout rouge et a dit "crotte de bique". Quant à Bové, il ne le sait pas lui-même, entre les parrainages arrivés directement au Conseil Constitutionnel et ceux qui sont envoyés chez lui, dur de faire un compte exact. Tout ça l'a aussi empêché de participer à En aparté, il avait franchement mieux à foutre que le gugusse dans une émission à l'audience faiblarde, mais Pascale Clark ne s'est privée de dire qu'un type qui se décommande comme ça, ça ne peut pas faire un bon président.

Sinon, le tour des patrimoines par le Canard enchaîné se poursuit, il y a deux semaines, on a vu une page sur Sarkozy, la semaine dernière, une page sur Royal et une page de réponse à la réponse de Sarkozy et là, une demi-page sur Bayrou et une page encore sur Sarkozy, en réponse de la réponse à la réponse de la réponse à l'article. Moralité, si tu ne veux pas d'acharnement, fais toi discret au lieu de fanfaronner. Rien à voir, mais alors rien du tout, mais je suis tombé sur une rediffusion de Confessions intimes, il y avait une femme complexée par la taille de sa poitrine, qui rêvait de se faire grossir les seins, au point d'en parler sans cesse à la maison. Le plus incroyable, c'est qu'elle ne parle que de ça, comme problème, alors qu'elle a un pif à offrir une aire de repos aux alouettes dans leur route vers l'Afrique. C'est-à-dire qu'elle, quand elle va au jardin d'acclimatation, elle en ressort avec un aï cramponné au tarin, mais bon, le problème, c'est qu'elle n'a pas assez de seins, bien sûr. On peut prendre les paris sur le fait qu'elle va faire de nouvelles complaintes sur ses besoins de chirurgie esthétique une fois le gonflage de la poitrine effectué.

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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