just order and God saves America
Avant de commencer ce sublime (assurément) résumé, une remarque sans intérêt : ceci est mon 300e. Avec toujours autant de pelos pour lire mes divagations ("vagations") et, comme disait le poète, pourvu que ça dure, la belle figure, les fêtes à Bayonne, les remparts de Carcassonne (c'est quand même autre chose que du Cali ou du Doc Gynéco, hein). Alors, voilà, 300, et pour le fêter, un chef-d'oeuvre du septième art, avec des extraterrestres, des poursuites de ouf, des panpanpan partout et les ricains qui nous sauvent encore la mise. Bref, un truc à voir au cinéma car chez soi, devant la télé, on perd des images ou du temps, je ne sais plus, en tout cas, on perd.
On commence le 2 juillet (l'année, on s'en branle). Sur la Lune, qu'on peut voir en plein jour (pour plus d'information, demander à Mickaël Youn). On voit une plaque laissée là pour les touristes, les restes du passages des astronautes (avec les canettes de Kro vides, les paquets de chips, les Playboys aux pages collées ...), et au-dessus, un immense vaisseau qui passe, comme celui d'Albator, mais en plus moche. A l'observatoire des glandus, on se rend compte de ce qui s'y passe et au Pentagone aussi. Plus de 500 000 kilomètres et un volume d'un quart de la Lune, ça commence à faire, eh bien ce sont les dimensions du machin, autant dire qu'on se grouille de prévenir les différents responsables, à commencer par le Président (Whitmore), main sur le coeur, stagiaire sur les genoux et tout et tout. Le Président, il est jeune, il est cool, il est sympa et il a tout le système contre lui mais il ne s'en inquiète pas, car il est détaché, pull noir à col roulé, j'ai changé, j'aime les gens, tout ça. Et il apprend.
Le commun des mortels, lui, il ne sait rien. Ainsi, un informaticien (David) et son père jouent tranquillement aux échecs au soleil. David, il est intelligent, car il éclate son papounet, il a des problèmes de fêlures intimes (il n'est plus avec sa femme depuis 3 ans mais garde son alliance, c'est dire si c'est grave) et il a un boulot d'enfer à la télé, mais dans la technique. Alors, il voit que ça galère, que l'image n'est pas belle, le son pourri et ça, ce n'est pas normal (il ne bosse pas avec Fred Godard, il faut dire), du coup, ça fait du travail à faire. Les problèmes de retransmission, ça emmerde aussi des ploucs chicanos qui vivent en caravane, et dont le père alcoolique pilote des avions, mais avec que lui dedans, c'est moins dangereux. Il doit asperger de pesticides un champ mais se plante et arrose le mauvais champ, moralité : les enfants, ne buvez pas, surtout si vous conduisez des avions.
A la Maison Blanche, c'est le branle bas de combat, la conseillère spéciale est hystérique mais le Président, tranquille, détaché, peinard, se contente de dire qu'on va passer en alerte 3 mais cool, zen, tout va bien, classique, la routine habituelle, quoi. Les militaires l'informent que trois petites soucoupes (de 25 km chacune) se sont détachées pour venir nous faire coucou. Là, comme c'est bien fichu, on va tout de suite en dessous d'une base, avec une soucoupe au-dessus. Partout dans le monde, c'est le choc, il y en a une au-dessus de l'Irak (m'aurait étonné qu'ils ne soient pas encore dans le coup, ceux-là), une autre en Californie et une troisième qui vient filer la pétoche à tout Moscou (mais c'est con, un Russe, il faut bien le dire). Les fayots viennent dire au Président d'aller s'abriter car le machin, on sait pas trop ce que c'est, mais lui reste cool, Colgate, Head & Shoulders, et se contente d'envoyer le Vice-Président et le gouvernement à l'abri, mais pas lui, pour montrer qu'il n'y a pas de quoi avoir peur : "écoutez, qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? Laisser la panique s'installer en abandonnant mon poste ? Transformer mon pays en lieu de terreur où l'on ose plus sortir de chez soi ? Eh bien, non, je m'y refuse, c'est pour cela que je propose un Ministère de l'Immigration Spatiale et de l'Identité Planétaire."
David a trouvé une histoire bizarre, Figurez vous que le signal qui brouille toute l'écoute des satellites, il paraît s'atténuer petit à petit et progressivement. Dingue, non ? Mais dans son bureau, tout le monde s'en fout, car tout le monde est scotché devant la télé où Roger Gicquel annonce que les extraterrestres arrivent et Jean-Claude Bourret ajoute qu'ils viennent nous rendre l'argent de la Cinq qu'il leur a confié. David, lunaire comme tous les informaticiens, n'avait rien vu ! On retrouve aussi l'aviateur alcoolique au bar, en train de se faire charrier parce qu'il s'est trompé de champ et aussi parce qu'il avait prétendu avoir été enlevé par des extra-terrestres. Une grosse musique qui fait peur retentit, on voit la chose débarquer partout, chez les ploucs, mais aussi à New York où un gosse noir vient réveiller sa mère (noire, aussi) qui pionçait tranquillement dans les bras de son homme (noir, pareil), au-dessus du bureau de David (qui est le seul à ne pas partir se planquer dans l'abri anti-aérien avec tous les autres collègues) et au-dessus de la Maison Blanche bien sûr, avec la petite fille du Président qui vient lui dire : "bonne chance, mon papa !" Bon, c'est sûr, tout le monde a les chocottes, personne ne comprend ce qu'il se passe, sauf le Président, pas inquiet pour deux sous. Ainsi, chez les noirs de service, le petit rentre pour dire à son père qu'il flingue les martiens, l'autre lui rétorque "trop cool, Carlton, t'es génial, mec" mais en sortant prendre le Figaro (car il est bien intégré), il voit le gros vaisseau.
David, lui, il a compris. En fait, le signal qui diminue, c'est un compte à rebourss. Il explique ça à son patron qui mouille sous lui, il explique en faisant une métaphore sur les échecs et conclut que dans six heures, on est échec et mat. C'est à ce moment que le Président parle : "mes chers compatriotes, bonsoir. J'ai décidé de dissoudre ... ah non, c'est déjà fait. Je crois aux forces de l'espace, d'ailleurs, elles viennent et je les recevrai pour le petit déjeuner. Je l'ai là, chevillé au corps, l'envie d'avoir envie, c'est pourquoi je vous demande de mettre des drapeaux américains partout chez vous." Là, on en apprend un peu plus sur David, il appelle son ancienne femme et en fait, c'est la principale conseillère du Président, il lui dit tout mais elle l'envoie bouler, sous prétexte que c'est moins urgent que son vernis qui sèche et pourtant, David, il a combattu des vélociraptors, donc il s'y connaît, en situations louches. Chez les noirs, on apprend leurs noms (car ils sont civilisés, même si ça n'est pas évident de prime abord) : Steven et Jasmine. Ils s'engueulent car Steven, il est militaire et on l'a rappelé pour l'occasion. Mais lui, malgré la tension, il ne s'inquiète pas, tout est normal. La preuve, il dit à Jasmine qu'elle n'a qu'à venir avec lui et leur fils Dylan à la base, ils les feront entrer sans problème.
David est allé chercher son père pour qu'il l'amène à la Maison Blanche, pour aller prévenir le Président car l'air de rien, ils n'ont que quelques heures devant eux. Président qui demande à sa femme, qui est à une opération caritative avec Lorie et David Douillet à Los Angeles, d'aller dans une autre ville car, bon, il est cool, serein, détaché, mais quand même, elle compte plus que lui, elle doit se mettre à l'abri. Les ploucs latinos sont aussi en pleine effervescence, le vieil alcoolique dit à tout le monde qu'il faut buter ces enculés d'aliens qui ont abusé sexuellement de lui. A la base, Steven apprend qu'il n'est pas retenu pour aller dans une navette spatiale. Son pote a compris le problème : ce n'est pas une question de compétences, mais juste qu'il n'est pas assez lèche-cul (mais aux Etats-Unis, on ne dit pas "cul" mais "popotin"). Et que sa femme, qu'il a prévu d'épouser prochainement, est une strip-teaseuse, ça n'est pas classe mais bon, ça vaut toujours mieux que de flinguer ses concurrents.
David arrive devant la Maison Blanche, il a tout un appareil de piratage pour avoir le numéro de son ex-femme et sa position exacte (à quatre pattes). Du coup, il arrive à entrer dans la Maison Blanche sans payer le droit d'accès. Faut dire que David connaît l'ouvreuse, mais il a un certain contentieux avec le Président, avec qui il s'est battu pour des histoires de fesses, rapport à quand il était parti avec sa femme à New York (en plus, ça avait fait la une de Paris Match mais ça s'est arrangé avec le journal depuis, le directeur a été lourdé). Mais le Président est magnanime, il accepte d'écouter David qui lui fait un schéma sur comment on fait les bébés et, par la même occasion, lui explique qu'avec les satellites (plus un ballon envoyé là par Djibril Cissé), les vaisseaux se synchronisent pour nous péter la gueule dans moins d'une demi-heure. En plus, un hélicoptère qui s'est approché un peu trop près du vaisseau se fait descendre, alors le Président, il prend la bonne décision, comme il faut : il faut partir. Du coup, toute la Maison Blanche monte dans l'avion présidentiel (plus simple de fuir avec que de fuir sur le tracteur), y compris David et son père, c'est confirmé depuis Air Force One, on y entre comme dans un moulin, là-dedans.
Le vaisseau s'ouvre, la foule est en liesse, enfin on va voir ET en vrai et serrer la paluche de Alf, avouez que ça fait envie. Ça fait plein de jolies lumières phosphorescentes, de la grosse musique qui fait peur et qui annonce que c'est un moment important du film. Là, ça devient terrible, car le vaisseau qui s'ouvre, en fait, c'est pour en faire sortir une arme du tonnerre, qui démolit le World Trade Center en deux coups de cuillère à pot. Oui, ils ont peut-être de la technologie sophistiquée, les extra-terrestres, mais ce sont de gros bourrins, quand même : nous, sur Terre, on peut faire la même chose avec trois bédouins armés de cutters. Eh ouais, nous, on a du savoir-faire ! Bon, il y a des explosions partout, mais tous les gentils qu'on a vus s'en sortent. L'avion du Président (avec David, son père et sa femme, ainsi que la fille du Président) grille la politesse à l'explosion et, plus fort encore, dans un tunnel, Jasmine, avec Dylan dans les bras, atteint un placard à balais, est rejointe par son chien (qui doit bien passer le mur du son, là). Tout dans le tunnel explose, tout crame, tout est en ruine ... sauf le local de service ! Ils auraient dû mettre les mêmes dans le Tunnel du Mont-Blanc.
La nouvelle se répand (sauf sur les médias des grandes villes américaines, évidemment), l'alcoolique fanfaronne dans son camion avec ses fils car il avait raison avant tout le monde. Le Président est anéanti car il est sans nouvelle de sa femme et qu'il aurait pu faire évacuer les villes. Quant à Jasmine, elle sort de la cabane au fond du jardin et voit des ruines et des cadavres à des kilomètres à la ronde. Mais elle a pu chier tranquille. A la base, on apprend qu'on va attaquer. Evidemment, avec ces paydays de diplomates, on n'a pas pu les dégommer à temps, mais pas grave, on va se venger et ça va chier, bordel de merde ! "The game is over !" En plus, le chef des extraterrestres, il prend des douches avec le sang de ses opposants, donc c'est un gros vilain qu'on va pendre comme au bon vieux temps. Steven part donc à la chasse, échange quelques blagues avec son pote, toute la patrouille arrive devant le vaisseau et viennent leur dire : "venez ici, si vous avez des couilles !" Les autres, ils ne viennent pas, alors feu à volonté. Manque de pot, les missiles, ils sont anéantis par un bouclier anti-missile, le constructeur des missiles, qui avait revendu ses actions la veille, est bien emmerdé mais pas trop : "je préfère passer pour quelqu'un d'incompétent que de malhonnête".
Et là, c'est comme dans Il était une fois la vie, quand les gentils larguent les anticorps. Plein de vaisseaux petits formats sortent du grand vaisseau, comme dans Star Wars, ils ont eux aussi des boucliers, et c'est une vrai boucherie, les avions prennent chers dans la face. Là encore, c'est quand même écraser une mouche avec un marteau-pilon, vu que quelques 404 Pijo, avec des bonbonnes de gaz et des réveils, ça suffit pour botter les fesses de l'armée des Etats-Unis. Enfin, bref, toujours est-il que Jimmy, le grand pote de Steven, se fait buter sous ses yeux, alors Steven, il est grave vénère. En plus, Jimmy, avant de mourir, il a vomi, ça ne fait pas classe pour un héros. Mais Steven, il est très fâché et quand il est contrarié, il hurle plein de vannes, il conduit comme un fou et il finit par balancer son parachute contre le vaisseau avant de se crasher. Du coup, les deux font un atterrissage forcé et Steven se précipite sur le vaisseau en criant des insanités ("j'vais t'faire courrir, moi, le rouquin ! Payday !") termine l'extraterrestre en lui collant un bon pain dans la gueule avant de conclure : "je vais te bouffer la bite".
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