Vendredi 13 avril 2007

toujours à la pointe de l'enquête

En ces temps où l'actualité trépide, la première chaîne française est évidemment soumise à une forte activité, pensez donc ! Entre les attentats en Irak, ceux en Algérie, la présidentielle française, Frédéric Déhu, les remous d'EADS, le record du TGV et moult autres évènements marquants, il y a de quoi faire. Et rien qu'avec la présidentielle, pardon, mais ce ne sont pas les sujets qui manquent, quitte à n'en considérer qu'un seul comme en 2002. A la rigueur, on peut même fouiller les poubelles en enquêtant sur la rumeur qui court sur Internet au sujet de Nicolas Sarkozy, qui engrosserait des clandestines maliennes afin de manger les foetus en soupe ou en les congelant pour cogner sa femme avec, tout rendu possible avec l'aide des RG et de la Scientologie. Oui, en fait, je n'en sais rien, mais une rumeur, c'est comme ça qu'on y joue, on reçoit, on déforme, on ajoute et on transmet et quand ça vous revient, on ne signale pas qu'on était au courant, mais on poursuit la chaîne. Bon, eh bien là, au Droit de savoir, on n'enquêtera pas là-dessus, ni sur l'insécurité, ni sur les vrais chiffres du chômage, ni sur l'écologie, ni sur l'impact réel de l'immigration, ni sur l'éducation, ni sur la justice, ni sur l'exclusion, non, il y a un sujet plus important encore pour qu'il soit traité dans une telle période : l'infidélité.

Pour commencer ce reportage trépidant, on rencontre Boniface Alfonsi, détective privé (comme Jack Palmer, pareil), qui traque là un mari volage à Marseille, les adultères représentant la moitié de ses activités. Ce personnage n'a pas seulement un nom de gangster, il en a aussi la voix, le visage et le comportement. Il a la tête de Galliani, le bras droit de Berlusconi au Milan AC, avec la voix de Charles Pasqua, bref, une belle caricature de marseillais véreux (ce qui n'est pas un pléonasme). Petite touche personnelle, il a en permanence un bidule luminescent rectangle à l'oreille, a priori, c'est un blue tooth mais ça ressemble quand même furieusement à une clé USB. En tout cas, ça fait très à la pointe de la technologie et qui veut que ça se voie. Sa cliente, c'est Colette, elle vient le voir car son mari sort souvent le soir avec "les copains". Mais on n'y croit pas, car il reçoit aussi des textos plutôt équivoques sur son portable, ou alors, il pratique intimement le rugby, mais à Marseille, c'est plutôt rare. Par pure bonté de coeur, Boniface Alfonsi va aider Colette : "la vérité, ça fait mal, on se prend une bonne gifle et ça fait mal, eh bien, le doute, c'est pire". C'est généreux, mais c'est 900€ la mission, quand même.

Mais il n'y pas que ce suivi voyeur dans cette émission, aussi toute une dimension de réflexion sociologique et même philosophique. Qu'on se le dise, sur TF1, on sait élever le débat ! Ainsi, on nous montre des images de pièces de boulevard (quand l'huissier est confondu avec l'amant par la bonne qui le cache dans le placard où se trouvait déjà la secrétaire qui se fait passer pour la maîtresse sur ordre du mari qui ne veut pas qu'on sache qu'il se tape la cuisinière qui lui préfère secrètement le chien mais n'a osé le dire qu'à la femme), on a aussi des "spécialistes" qui témoignent. Par exemple, on a un pédopsychiatre, parmi eux. En quoi un pédopsychiatre est-il qualifié pour parler d'infidélité ? Ben, c'est Charles Villeneuve qui l'a sélectionné, donc il s'y connaît, forcément. Donc, on nous que de nos jours, ma bonne dame, les acteurs pornos sont des stars, que la sexualité est débridée, que les vedettes sont volages et qu'on le sait tous grâce à la presse people. Illustration culturelle : le clip de Diam's et Vitaa, comme quoi, TF1 a les mêmes références lettrées que Ségolène Royal (et on fait un procès en droitisme à la chaîne, après ça ...).

Le mieux, dans ces explications pseudo-philosophiques, ce sont les bruitages de fond et les plans de coupe : des gémissements de femme et des images d'étreintes peu habillées, mais floues. Un peu comme si Fred Godard réalisait un film érotique pour M6. On a aussi droit à une comparaison très classe entre le mariage et un investissement immobilier, dans le sens où ce sont des engagements à long terme (en revanche, l'hypothèque sur sa femme, ça ne marche pas, même si Jean-Michel Aulas compte essayer pour recruter Samir Nasri). Tant qu'on y est, une statistique (mais si ça se trouve, elle est de Roland Cayrol, donc aussi crédible que Philippe Douste-Blazy en Ministre des Affaires Etrangères) : un homme a en moyenne dans sa vie 11 partenaires sexuels contre 4 pour les femmes. D'une, ça n'est pas juste du point de vue de la parité, de deux, il y en a qui en ont plus et qui prennent sur la part des autres et de trois, avec grosso modo autant de femmes que d'hommes, il n'y aurait pas là comme un déséquilibre curieux ?

Puis, on voit des images de mariage, deux mariés, Dragan et Carole, qui ont déjà deux enfants, se jurent fidélité à tout jamais. Leur mariage est typique, car 40% des mariages légitiment un enfant du couple ou un autre, mais rappelez vous le thème de l'émission, on se doute que ça ne va pas durer. Ainsi, Aldo Naouri, expert en infidélité, fait le chat noir : "on ne pense mariage que sous l'angle du divorce". Et Charles Villeneuve de surenchérir : "les tentations mettent les sens à rude épreuve", comme si on était dans l'île du même nom. On recueille les témoignages de Dragan, de Carole, des amis, tous faux-culs au possible, mais oui, bien sûr, je suis fidèle et je le serai toujours mais les plans de coupe sur des seins qui remuent nous laissent penser qu'il n'en est rien. D'ailleurs, je me demande comment TF1 a pu convaincre ce couple de participer à l'émission, car la proposition "bonjour, on fait un reportage sur l'infidélité, est-ce qu'on peut filmer votre mariage ?" me semble difficile à approuver. Un avocat spécialiste en divorce apporte cet éclairage : "la femme qui trompe son mari, elle ne le dit pas".

Témoignage d'importance encore, celui d'Elodie Gossuin, dont on voit le mariage avec le mannequin Bertrand Lacherie. Quel rapport entre elle et l'infidélité ? Aucune idée, mais elle est là. Et elle, elle a confiance en son amour avec son kikoo, ce qui n'empêche pas de nombreux témoignages de spécialistes pour dire que ça ne durera pas. Explication plus en détail : "au bout de 6 mois, on a épuisé l'autre sexuellement", alors, on fantasme sur soi avec sa compagne (ou son compagnon) et quelqu'un d'autre, puis sur soi avec quelqu'un d'autre directement. Dans la foulée, on nous passe un extrait des Grosses Têtes où ça parle d'infidélité (il faut dire que c'est assez décousu, comme reportage, on ne cesse de passer d'Yves Lecoq à Francis Lalanne).

Et tout ça, c'est rien que de la faute à Internet, ces nouvelles technologiques qu'on ne voit plus sur les camions des routes des forêts. Loren, 42 ans, divorcée, confirme, elle voit, via des sites de rencontre, beaucoup d'hommes qui demandent des histoires de cul alors qu'ils sont mariés. Attention, gros jeu de mot de Charles Villeneuve : "les hommes mariés peuvent jouer au chat avec la souris". Oui, c'est énorme. Figurez vous qu'un internaute sur cinq inscrit en site de rencontre est marié, même sur les amis du Club Mickey (mais là, le sujet n'est pas la pédophilie). C'est là que TF1 mène l'enquête : des journalistes s'inscrivent pour se faire passer pour de simples quidams et obtenir des interviews d'infidèles (visages floutés et voix trafiquées, on ne balance pas, pas le genre de la maison). Témoignages sans intérêt, ou plutôt moins intéressant que ceux des experts en comportement adultère (comme disait Jacques Martin, "il n'y a pas de sous-métier"). Ainsi, on découvre que l'adultère avec une femme mariée est le plus pratique, car il permet de se préserver de tout envahissement dans la vie conjugale et en plus, ça évite de sortir avec une mineure sans faire gaffe et se retrouver à chanter pour éviter un détournement de mineur devant la Justice. Autre avantage de l'adultère, ça permet d'obtenir des fellations, merci TF1 pour cette information déterminante. Généralement, on tolère l'adultère pour soi, mais pas chez les autres, toutefois, ça a du bon : "l'adultère peut sauver le couple et donner une nouvelle base de départ". Maris volages, vous savez quelle explication apporter : "c'est pour sauver notre couple, c'est Le droit de savoir qui l'a dit".

On retrouve Boniface Alfonsi, en pleine traque avec son fils, lui en voiture et le fiston à moto, mais toujours avec le Blue Tooth géant et fluo. Ils suivent le mari, le perdent, gros suspense, musique qui fait peur, Boniface grille clope sur clope de nervosité. Heureusement, ça se finit bien, ils le retrouvent devant un restaurant, avec une autre femme, ils s'enlacent et le détective filme de loin, tout en disant "oh putaing" à chaque phrase. L'homme et la maîtresse s'en vont à l'hôtel, alors Boniface appelle la femme trompée : "oui, bonsoir madame, ben c'est officiel, vous êtes cocue ... non, en plus, elle n'est même pas jeune, 35-40 ans". Le lendemain, c'est le tirage des photos, on sélectionne les meilleures pour la cliente. D'ailleurs, sachez le, l'adultère est encore considéré dans les divorces pour faute.

Enquête toujours, avec cette fois les annonces dans Metro. Le journaliste téléphone, obtient un rendez-vous dans une entreprise spécialisée et s'y rend en caméra cachée au péril de sa vie, comme Florence Aubenas, Georges Chesnot, Christian Malbrunot ou Pascal Praud. Pour avoir une première sélection de femmes qui correspondent à ses choix, il faut claquer 300€. Après, on a montré les images à la DGCCRF (ils aiment bien TF1, entre Julien Courbet et Charles Villeneuve, ça leur fait un paquet d'affaires qui tombent tout cuit) qui proteste : d'après l'annonce, on n'a pas à payer. En plus, les femmes en magasin ont toutes des prénoms affriolants, des métiers fantasmatiques, et sont jolies sur les photos. En vrai, elles ont des prénoms communs, des métiers à la con et ce sont des boudins, ce qui est manifestement un cas de publicité mensongère. D'ailleurs, le journaliste n'a obtenu qu'un seul rendez-vous, avec une femme "bien loin des photos alléchantes" et en plus, "elle ne montre aucun désir de séduire". Un boudin acariâtre, en somme.

Encore un autre cas, Fabienne, 50 ans, 25 ans de mariage, trompée depuis des années, alors elle s'y met aussi. On apprend aussi que des sites Internet proposent des alibis sur mesure (heures sups imprévues, séminaire, contracture, rendez-vous avec des employeurs, cours du soir ...), avec des papiers à en-tête et tout et tout. Attention, interdiction d'utiliser des noms réels, ce serait de l'usurpation d'identité, mais sinon, on peut, genre appeler l'organisateur du séminaire "Jean Culais", pour faire un petit clin d'oeil. Mais en face, la résistance s'organise, on peut aussi acheter plein de gadgets pour jaloux : un appareil photo camouflé en réveil-matin, un GPS espion, un logiciel mouchard de sites de rencontre ... et le fin du fin : un détecteur de liquide séminal (au Schmilblick, il fait un malheur, celui-là).

Juste avant la pub, on nous avait promis la réaction de Colette devant les preuves de l'adultère, alors on l'a bien eue. Boniface Alphonsi présente les photos de la maîtresse à la cornarde dont la réaction est finalement la suivante : "je croyais qu'il n'aimait pas les brunes !" Une chercheuse du CNRS (oui, voilà où vont les subventions) précise que trompée, la femme est atteinte dans son coeur alors que l'homme l'est dans sa virilité, il se demande si l'amant a une plus grosse teub que la sienne. Colette ne connaît pas cette maîtresse, elle demandera au mari de choisir quelle femme il garde et, officiellement, il garde Colette et rompt avec l'autre (mais en vrai, allez savoir).

Arrive alors Catherine Laborde, on a les Schopenauer qu'on peut. Elle n'a connu que des hommes infidèles mais ne s'en plaint pas : "quand un homme avoue, il est beau". Et un spécialiste va plus loin : "la monogamie n'est pas naturelle", c'est une avancée de civilisation. On se dirige ensuite vers Rémi, homme qui a connu le coup de foudre à 42 ans, alors qu'il était marié. Mais pour lui, ça s'est mal passé, sa femme lui a promit que s'il la quittait, il le paierait très cher et elle a tenu parole. Il s'est pris un constat d'huissier pour vérifier que le lit est chaud, son fils lui a envoyé une lettre d'insulte, ses enfants ne veulent plus le voir. Enfin, une note positive, avec Béatrice qui fête son divorce, parce qu'il n'y a pas de raison à ce qu'on ne fête que le mariage. Conclusion de ce reportage : ben, fouyaya !

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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Commentaires

les hommes sont tellement des salauds ! je me dis que j'ai bien raison de leur préférer la compagnie de baygon, mon petit chihuahua !
commentaire n° : 1 posté par : chihuagirl le: 14/04/2007 21:53:42

@chihuahagirl:


le problème c'est que la conversation avec un chihuaha c'est un peu limité non?

commentaire n° : 2 posté par : Imback le: 14/04/2007 22:31:03
@ Imback : mais quand tu vois que c'est l'animal de compagnie de Paris Hilton, tu soupçonnes le chihuahua de ne pas avoir trop de conversation quand même non ? :-))
commentaire n° : 3 posté par : Bidibulle le: 14/04/2007 23:55:27

C'est meetic ici?


Tain, trop longtemps que j'étais pas venue (Vista a eu du mal avec mon lecteur de fluxxxxxx)


Bizettes

commentaire n° : 4 posté par : Mélina LOUPIA (site web) le: 15/04/2007 22:42:23
Vous faites une emission sur les pauvres qui ont tout juste de quoi se nourrir et  ne peuvent se loger.Quelle indemnité donnez vous à ces gens pour pouvoir les filmer;vous qui gagnez des fortunes en passant vos sujets à la télé .???
commentaire n° : 5 posté par : seve le: 26/02/2008 23:52:50

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