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Vendredi 4 mai 2007

tatataaaaaaa, les grandes équipes, the champiooooons, tatatatataaaaaaa !

20H : Bon, déjà, les deux, il a fallu les accueillir. Et courbettes, et petits-fours, et vous reprendrez bien un peu de cirage sur vos chaussures ? Bon, moi, je laissais faire Carolis, il s'y connaît et puis, il a pensé à dire à Sarkozy qu'un plan social était prévu à la rédaction de France 3, pour le mettre à l'aise. En revanche, PPDA, nul. C'est simple, il a appelé Royal "chérie" (Hollande était jaloux) et Sarkozy "patron" (Hortefeux était jaloux aussi). Vraiment, le service public, c'est autre chose.

20H30 : On les a laissé se faire maquiller dans leurs coins, Sarkozy nous a demandé des bottins, on n'avait en boutique qu'une boîte de jeux Question pour un champion mais il a dû casser le courvercle et se retrouver sur le buzzer, car il a eu l'air crispé toute la soirée, ensuite.

20H45 : Ils arrivent sur le plateau, mais ne se regardent pas. En fait, si, ils se sont regardés, mais Royal a vu les pellicules de Sarkozy qui, lui, sans effort, était les yeux plongés dans ses nichons. Pendant ce temps, je relis le conducteur avec PPDA et lui demande s'il compte intervenir beaucoup, on convient de faire comme d'habitude et donc, on refuse les médocs pour la voix, pas la peine.

21H : Antenne ! C'est moi qui lance la soirée, j'évoque CNN, j'en fais des caisses, mais j'ai révisé et me suis entraînée, moi aussi, j'ai regardé tous les lancements de la Star Academy par Nikos Alliagas. Camelot, c'est un métier, mais ça s'apprend, ça n'est pas génétique, comme dit l'autre.

21H15 : Ils se balancent des piques sur l'économie, l'insécurité ... Je regarde mon conducteur : «conception de la présidence». Mouais, encore une déprogrammation sauvage, ça devient un peu trop habituel, je peste contre TF1 qui déprogramme les 100 plus grands chauves qui pètent pour un hommage aspetisé à Grégory Lemarchal. Quoique aseptisé, ça ne lui changerait pas, je pouffe intérieurement (rien à voir avec Cécilia) à l'idée de ce bon mot. Petit blanc sur le plateau, on me regarde, je bredouille "heu, la croissance" et ils repartent. Moment de frayeur bien évacué, c'est ça, l'expérience et le professionnalisme.

21H30 : J'observe PPDA, c'est rigolo, il a de plus en plus de cheveux, et de moins en moins blancs. Je remarque aussi qu'il y a des mouvements de jambes sous la table. Je regarde discrètement, Ségolène Royal fait du pied à Nicolas Sarkozy pour qu'il pète un câble, comme Jospin l'avait fait à Chirac en 1995 (même si ça ne s'était pas trop su). Je comprends alors pourquoi Sarkozy ne cesse de se tourner vers moi, c'est pour se calmer sexuellement. Ça fait toujours plaisir.

21H45 : En regardant Sarkozy, je me dis qu'il ressemble vraiment à sa caricature par Plantu, aux mouches près. D'ailleurs, il y a réellement une mouche sur le plateau, qui prend un malin plaisir à venir voler autour des têtes hors cadre. J'attends qu'elle se pose sur la table pour l'éclater avec le premier papier qui me tombait sous la main. Ecrabouillée, je l'ai ! Bon, j'ai pas fait gaffes, le papelard, c'était la fiche de Sarkozy sur le nucléaire, mais en tout cas, on est débarrassée de cette mouche avant qu'elle ne se noie dans mon verre d'eau (il fait chaud, sur les plateaux télés). J'emmitoufle le diptère dans le papier, je fais une jolie boule et j'entreprends de faire des jongles de la boule de papier avec mon stylo.

22H : Je jette un regard à l'assistant blagueur. Ah oui, comme dans toutes les boîtes, il y a des boute-en-train, ici ! Lui, c'est un sacré rigolo, il avait mis un coussin péteur sous le siège de Philippe de Villiers quand il passait à A vous de juger, il a fait croire à Pujadas que Juppé arrêtait la politique, il a remplacé en douce le verre d'eau de Bernard Tapie par du schnaps le 22 avril ... Oh l'autre, comment il était déchiré ! Il a commencé par dire qu'il soutenait "Ségolène" (avant de se reprendre et de dire "Sarkozy") puis a lâché "attends, en janvier, Bayrou voulait que je présente pour son parti !" Tout le monde s'était regardé sur le plateau, en se faisant des grands yeux d'incompréhension, Pujadas s'est dévoué pour lui demander "Bayrou ?" Il voulait "Baylet". J'ai bien fait de l'inviter, tiens, celui-là, c'est Fogiel qui a dû être jaloux de ne pas l'avoir. Bon, il a quand même eu un beau plateau, avec Francis Lalanne, Marielle Goitschel ou Franck Tapiro mais le Nanard, il était à nous ! L'assistant, il me donne un mot en douce dans lequel il me dit qu'il a versé du poil à gratter dans leurs chemises, je comprends alors pourquoi ils sont rouges tous les deux.

22H15 : En repensant à Tapie, je décide de fignoler le plan de table de dimanche. J'ai prévu deux surprises du chef, deux anciens candidats aux Européennes, en 2004, ça va chier sévère ! Tenez vous bien : Bernard Menez et Dieudonné ! Je fais des croquis sur une feuille qui passait par là, mets Dieudonné entre Fabius et de Villiers, enlève Morano, rajoute Hervé Morin, en face de Bayrou et colle Menez entre Alliot-Marie et Besancenot. A force de raturer, j'en remplis la feuille qui devient illisible, je la retourne pour continuer et là, je me rends compte que le papier, c'était les notes de Royal sur le nucléaire. Bon, tant pis, j'aurais été impartiale, du coup.

22H30 : PPDA réprime un baillement, ça commence à tirer. Je regarde ma montre et balance le chrono à voix haute, sans faire gaffe. C'est qu'on commençait à en oublier qu'on était aussi à l'antenne ! D'ailleurs, PPDA venait d'ouvrir le bouton de son pantalon, le buffet de collation, il a bien tapé dedans, et sur le dos de l'argent public, en plus ! J'espère que Charles Villeneuve en parlera dans sa prochaine enquête. Avec du sexe, bien sûr. Bon, mon intervention n'a rien changé, ils continuent de causer entre eux sans s'occuper de nous. Tant mieux, PPDA a sorti un recueil de Sudoku et m'en donne généreusement trois pages. Pas à dire, il sait s'y prendre, avec les dames.

22H45 : Merde, ils parlent du nucléaire ! Chacun cherche ses fiches pendant que l'autre l'engueule, c'est la panique à bord. Sarkozy baisse la tête, pique du nez (il s'est vraiment trop charge en Lexomil, le pépère, complètement apathique, comme Jean-Michel), je lui file un coup de pied sous la table pour qu'il se réveille, il reprend sa recherche dans ses feuilles et finit par couper Royal (qui avait aussi cessé sa quête en notant et soulignant trois fois : "UN MOIS DE COLLE !") d'un "je ne connais peut-être pas le dossier, mais je suis assez cohérent". C'est bien, ça, je le ressortirai à l'occasion. Tiens, la prochaine fois que la rédaction de France2 sera d'humeur frondeuse, ça va les calmer un bon coup. Ces histoires me font penser à Alain Duhamel, j'en profite pour lui envoyer un texto : "ça va, Bayrou ? Ça ne t'emmerde pas trop d'être simple spectateur ? En même temps, ça n'est pas comme si une candidate encore en course n'avait aucune chance pour toi ..." Lui, il doit virevolter de la raie (celle des cheveux, hein), en voyant ça.

23H : Réponse de Duhamel : "tiens, tu n'as pas pensé à demander à Royal si elle allait vraiment aller au bout, quoi qu'il arrive ? Qu'elle ne se retirerait pas ? Tu as baissé, depuis 1995." Bon, lui, je lui réserve un poste de chrnoniqueur dans Télématin pour son retour médiatique. Et s'il est sage seulement, il aura droit à KD2A, mais pas plus. Il y a des limites, merde ! Je vois derrière les caméras un type essayer de forcer le passage et d'entrer sur le plateau, mais il est retenu à temps par les vigiles. Il hurle : "m-m-m-mais l-l-l-aiss-ss-ssez m-m-m-moi p-p-p-pass-ss-sser ! J-J-J-J'ai d-d-d-d-des ch-ch-chos-s-s-ses d-d-d-d-de l-l-l-l-la p-p-p-p-plus m-m-m-m-moyen-n-n-n-n-ne imp-p-p-p-port-t-t-t-tanc-c-c-c-ce à d-d-d-d-dire ! On m-m-m-m-m'as f-f-f-f-fait l-l-l-l-les p-p-p-p-poches, on m-m-m-m'a v-v-v-v-ol-l-l-l-lé m-m-m-mes d-d-d-dép-p-p-put-t-t-tés !" Sarkozy se lève et lui fait des pieds de nez, victime d'une descente de calmants, il est illico piqué par Guéant et se rassoie, mais le temps que ça fasse effet, il a montré son sexe à Royal. Résultat, elle s'est énervée, a parlé de honte faite aux handicapés (sujet avant cet incident) et qu'on était au summum de l'immoralité politique. Petit summum, cela dit, pour moi qui ait enquété sur l'affaire Ambiel. Enfin bon, ce n'est plus le sujet, Dray lui a fait signe qu'on n'avait pas vu le craquage de Sarkozy à l'antenne, alors elle a dit que c'était à cause de ses propos. L'autre, engourdi par la dernière piqûre, cherchait ses esprits en regardant les notes des sujets abordés et en affichant son étonnement devant tant d'énervement. PPDA se tourne vers moi et me demande ce qu'il s'est passé, parce qu'il était en train de torcher son Nintendogs. Je souris simplement pour lui dire qu'on a trouvé le bel extrait pour les générations futures et que s'il y en a un à la production qui a de la jugeotte, on va se faire des couilles en or avec les plans larges. Il hausse les épaules et se lance dans la lecture du bouquin de son prochain invité à Vol de nuit (enfin, le Profil du bouquin, avec les pages importantes déjà repérées par des post-it posés par un assistant stagiaire en CPE).

23H15 : Ils discutent alors de l'international. C'est moi qui ai fait le lancement ! J'ai bien pris mon temps pour me recoiffer avant, puisqu'on avait fait un je te tiens - tu me tiens par la barbichette avec PPDA pour patienter, j'ai perdu, je me suis pris une baffe, mais il faut dire que l'autre avait fait fort, il m'avait dit : "j'ai eu le prix Interallié, je suis un grand écrivain." Qu'est-ce que vous pouvez faire contre ça ? Donc, je dis que l'Europe, c'est un sujet qui ... et là, Sarkozy embraye ! Merde, je peux parler, oui ?! En plus, ils discutent alors de la Turquie et de la Chine, ça me donne faim, tout ça (le Darfour aussi), je me demande si je passe prendre un kebab en passant ou si je vais chez le chinois. Quant à PPDA, il a voulu grignoter un petit beurre mais a éternué pile à ce moment là, ça a fait une nuée sur la table et dégueulassé toutes les fiches. Bon, pas grave, on était à la fin, en plus, ils vont se calmer, maintenant qu'ils n'ont plus de notes, et peut-être qu'on va enfin pouvoir se casser. Je me demande s'il ne l'a pas fait exprès, d'ailleurs, le moumouté.

23H30 : Comme par hasard, c'est au moment où on les prive de leurs fiches qu'ils parlent des sans-papier. Un lancement par éternuement, grandiose, chapeau l'artiste ! Je comprends mieux les scores de TF1, avec des cadors comme ça. Ils sont repartis comme des coucous, je pense même à carrément les laisser là, on filme jusqu'à que l'un d'eux en ait marre. Je soumets l'idée à PPDA mais il me répond qu'Arthur a déjà acquis les droits auprès d'Endemol, ça s'appelera "Marche ou crève", on fera parler des has been pendant des heures sans discontinuer. Je lui oppose les émissions de Laurent Ruquier, mais il me dit que présenté par un binoclard, ça ne compte pas.

23H45 : A voir ces compteurs défiler depuis le début, je me prends à jouer à Bernard Thévenet. "Deux minutes de retard pour Sarkozy !" "Holalala, chute, chute à l'arrière, chute de Voynet !" "Alors que là, on ne comprends pas bien ce que fait Eric Besson, qui roule pour Sarkozy et prends les relais alors que Royal est dans le groupe des poursuivants." Sarkozy refuse de reprendre son retard sur Royal, il lui laisse trois minutes, d'aucuns diront que c'est aussi le temps qu'il laisse à Cécilia pour le bonheur conjugal. Mais non, restons dignes. Pas comme PPDA qui commence à se curer les dents avec la pointe de stylo-plume, et du coup, comme un con, il a la bouche toute bleue. Il fait sa conclusion la bouche fermée, mais on ne voit pas de différence avec sa diction habituelle. Et puis moi, j'arrive à placer "bonsoir" avant de rendre l'antenne.

0H : Fini, enfin ! PPDA déboutonne sa chemise en répétant qu'il veut du rhum et au lit, Royal demande à ses conseillers si sa colère faisait assez spontanée et Sarkozy commence à retrouver ses esprits, il a les jambes qui trépignent, répète qu'il va tous nous niquer et, immédiatement, Guéant le prend par les épaules pour le sortir d'ici. Il paraît qu'il a bouffé toute la banquette arrière de sa Safran. Quant à Royal, elle me confie qu'elle regrette d'avoir pris des haricots secs à la collation. Je me disais bien qu'il y avait comme un odeur, sur le plateau. Quand je dirais ça aux générations futures ! Il me faudrait un nègre, pour m'aider à rédiger mes confessions sur ce moment, je suis sure que ça me vaudra un passage à Salut les Terriens ! Tiens, je vais demander à PPDA de m'en conseiller un bon.

Par Schweinnie - Publié dans : telepoubelle
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