Vendredi 25 mai 2007

on devait mettre un délai de rétractation, pour reprendre ceux d'avant

A moins d'être Ségolène Royal, vous savez donc que Nicolas Sarkozy a gagné la présidentielle et est devenu le sixième Président de la Ve République. C'est donc à lui d'occuper l'Elysée, de se taper les gueuletons internationaux et de faire pouf-pouf pour choisir son Premier Ministre qu'il pourra pourrir quand il veut jusqu'à ce qu'il en ait marre et en change. Première déception, on nous annonçait le péril fasciste et on n'a pas vu les Panzerdivisionen sur les Champs-Elysées. Va falloir se réveiller pour tenir les promesses de campagne, on m'a dit que je vivrai sous un pouvoir fasciste, je le veux, merde !

Il faut d'ailleurs le dire : Nicolas Sarkozy est le digne héritier de Jaurès et Blum, et même de Thorez et Proudhon, au moins. Bon, bien sûr, il y a eu cette escapade au Fouquet's dès son élection mais elle s'explique et se justifie même. Au début, il voulait rejoindre les masses laborieuses en liesse place de la Concorde, mais en arrivant sur place, il a entendu Mireille Mathieu chanter, alors, il a fait ce qu'on ferait tous en pareil cas : prendre le premier échappatoire possible et se terrer en attendant que ça se passe. Bon, là, il se trouve que c'était le Fouquet's, mais si ça avait été le snack-bar Chez Léon, il y serait allé aussi, pour sûr ! Au fait, pour s'y rendre, il a été filmé par les motos des télés dans une ambiance digne du Tour de France (et il n'avait pas sa ceinture et a grillé plusieurs feux rouges, bonjour l'exemple), qui ne fait que confirmer mon envie de voir ces soirées électorales commentées par le service de sports, pour une fois que Jean-René Godard pouvait être utile à quelque chose, c'est ballot ! On a vainement attendu qu'il passe sous le Pont de l'Alma ou qu'il croise Maxime Brunerie, mais là encore, déception, rien.

Alors, vous allez dire, feignasses soixante-huitardes attardés, confits dans l'assistanat et l'oisiveté, que vous êtes, qu'après, il est parti sur le yacht de Bolloré. Certes, mais après tout, il a bossé toute sa vie pour être président et il venait de l'être, c'est un soulagement comparable à celui de faire caca quand on s'est retenu toute la journée, ça ne peut se décrire par des mots. Là, il voulait profiter de sa joie, et on lui colle dans les pattes (et surtout les oreilles) Jean-Marie Bigard, Miss Dominique, Tina Arena, Jane Manson, Mireille Mathieu, Gilbert Montagné et Enrico Macias. Alors, il a voulu être tranquille et il voulait se retrancher dans un monastère. Seulement, il se trouve que Bolloré lui a offert, généreusement et sans aucune arrière-pensée, de passer trois jours sur son yacht et qu'entre ça et bouffer du Chaussée-aux-moines, ben, il a choisi. Et n'allez pas croire que c'était peinard, pour autant, hein ! Figurez vous qu'il était obligé de lire Matin Plus et il n'avait pour toute chaîne de télé que Direct 8. On comprend mieux qu'il soit rentré plus vite que prévu.

Arrive alors le moment de la passation, le vieux dégage et il prend la baraque. Ils se serrent la paluche, ils s'isolent pour échanger des données importantes : le code de la bombe (celui choisi par Chirac en 1995 était Balla3eDTC), le téléphone spécial pour commander des pizzas, la fréquence des micros des arbitres de Ligue 1 (oui, c'est pour ça qu'il y a des décisions bizarres, certains ont les moyens de brouiller les communications), les fichiers de Clearstream, le plan IKEA de la coiffure de Bernadette, où sont rangés les graines pour les coin-coin ... Pendant qu'ils papotent (et vident les Corona qu'il reste dans le frigo), les autres poireautent comme des cons dans la salle de cérémonies. Là, vous l'avez sans doute vu, il y avait Louis (aka "bonne chance, mon papa") qui s'est penché sur le collier de la Légion d'Honneur (très seyant pour aller en boîte), il a demandé à l'officier à côté s'il pouvait le porter, l'autre lui a répondu que c'est que pour les grands et Louis de s'étonner car son père, il aura droit de le mettre alors que ...

Autre grand point du début du quinquennat Sarkozy, la mise en scène à l'Américaine. Déjà, le soir de son élection, il y avait son discours de la salle Gaveau, clamant sa joie d'être élue Miss France et fustigeant violemment la guerre, les invasions de criquets, la misère, les enfants malades, la famine dans le Tiers-Monde et la Coupe de la Ligue, digne du discours du Président des Etats-Unis dans Independence Day. Ensuite, il y a eu les bises à Cécilia (qui, depuis le 6 mai à 20H, trouve à nouveau du charme à son mari alors que chacun sait qu'elle s'était barrée avec Daniel Ducruet, ou alors je confonds), la larme écrasée sur Guy Môquet (alors qu'il y a des stations de métro bien meilleures) et les multiples footings, faits seuls, avec Fillon, dans le Bois de Boulogne, à Brégançon ... Va falloir le faire pisser dans un flacon, le petit, il doit y avoir des trucs pas nets là-dedans (à moins que, à l'instar de la pédophilie, ce soit génétique). Pour ce qui est de dire du mal de Notre Président ou du Gouvernement, on a, a priori, cinq ans devant nous, donc on a bien le temps de le faire. Pour tout dire, attaquer dès maintenant serait même méchant ou malhonnête. Ça tombe bien, je suis les deux, donc taïaut !

Directeur de cabinet adjoint du Secrétaire Général de l'Elysée : François Fillon
Notre Président ne voulait pas d'un Premier Ministre qui lui fasse de l'ombre, il a trouvé l'homme idéal : invisible même en pleine lumière, à se demander s'il existe. Il prétend que de Chirac, on ne se souviendra que de ses deux réformes, ce qui est bien méchant envers Jean-Jacques Aillagon. Ancien seguiniste forcené (candidat malheureux à la présidence du RPR en 1999), il a tourné casaque au fur et à mesure du changement de leadership à l'UMP/RPR, naviguant opportunément de Seguin à Chirac et de Chirac à Sarkozy. Contrairement à Hervé Gaymard, il ne risque pas d'avoir de problème d'immobilier, possédant une petite bicoque confortable dans la Sarthe. Rien d'autre à dire. Ah si, son nom, propice à moult calembours.

Ministre d'État, Ministre du Cajolage de Hulot et du Recyclage de Premier Ministre : Alain Juppé
Alors, un ministre d'état, qu'est-ce que c'est ? Eh bien, c'est comme un ministre, mais d'état. Comment ça, ça n'est pas clair ? Bien, je reprends : un ministre d'état, il a le même rôle qu'un ministre, mais il peut crâner. C'est le chouchou de la maîtresse, quoi. Plus précisément, il passe avant dans le protocole (pour la queue devant la pissotière, pour le choix de la chaîne en cas de plateau télé commun, il choisit en premier pour former son équipe, il a, lui seul, droit de "pouce" quand il joue à chat-bite ...) et il peut faire ses réunions interministérielles à lui. C'est à peu près tout. Là, on a donné le poste au sémillant Alain Juppé, ancien repris de justice qui, après un stage de réinsertion au Canada (et qu'ils ne se plaignent pas, quand on voit les chanteurs qu'ils nous balancent !), vient nous confirmer qu'il a changé, qu'il est sympa, et qu'il aime Jaurès et Blum. En fait, la stratégie écologique de Juppé, c'est son effet repoussoir : comme on ne l'aime, plus il sera anti-écologiste, et plus on fera des efforts pour l'environnement. Par exemple, rien qu'à voir sa tête d'ampoule, on pense à éteindre les pièces inutiles.
 
Ministre de la Défiscalisation, des Chômeurs, et des Pièces Oubliées dans les Poches : Jean-Louis Borloo
Président - leader - délégué - secrétaire - hôtesse d'accueil - unanimité des membres (tout ça à la fois !) du Parti Radical Valoisien, il a su monnayer sa popularité contre un poste à la mesure de celle-ci, comme Douste-Blazy, pareil. Lui, il est là pour réconcilier la France avec elle-même. En effet, en France, le Président, il doit aimer le pinard et tromper sa femme, c'est dans la Constitution. Alors, avec un Sarkozy qui n'ingurgite que la flotte et qui est contre la politique d'ouverture pratiquée par Cécilia, il fallait rectifier ce problème. Avec Borloo, un seul de ces soucis est résolu, mais il l'est pour deux. Lui, les pots-de-vin, il ne les touche pas, il les boit. Notre suprême tirelire est donc confiée à un déglingo qui pourra, de Bercy, vomir directement dans la Seine. Et si la dette n'est pas jugulée et que le chômage s'emballe, ce sera la faute à qui, la faute à quoi, ce sera la faute à Borloo qui boit !

Ministre des Racailles, des Assistés Coloniaux et des Subventions Territoriales : Michèle Alliot-Marie
Vous l'avez aimé en treillis à ramper dans la boue avec la Légion (où ils ont quand même préféré les chèvres), vous l'avez aimé en train de trimbaler le Clémenceau à travers le monde, vous l'avez aimé claquer des talons au son de "GADVOUUUU" ? Déjà, vous avez des goûts bizarres. Ensuite, vous l'aimerez traquant la vermine à coups de flashball, vous l'aimerez en Robocop sonner la charge contre les gauchisses, vous l'aimerez procéder en personne à l'arrestation de Jacques Chirac le 18 juin (beau symbole). Après la Grande Muette, la Baraque à Poulets, la madame sait se faire respecter et poser la main là où la Femme n'a jamais mis le pied. En revanche, Patrick Ollier risque de revenir à la maison, après avoir été le Président de l'Assemblée Nationale à avoir le moins dirigé de séance (on vit une époque historique, les aminches), va falloir le supporter à roter des bières devant le concours de l'homme le plus fort du monde sur Eurosport. On comprend qu'elle veuille se défouler dans son travail ensuite.

par Schweinnie publié dans : telepoubelle
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